Parution : 22/08/2019
ISBN : 9782361390372
194 pages (14,8 x 21,0cm)

Et qu’importe la révolution ?

Ce livre est superbe. D’abord, il faut reconnaître à Catherine Gucher une plume d’une douceur et d’une poésie infinie.

Actualitté

25 novembre 2016, Raúl Castro annonce en direct la mort de son frère. Depuis son plateau ardéchois, figée par la nouvelle, Jeanne sent le vent du passé raviver sa jeunesse révolutionnaire. Mais lorsque la lettre d’un ancien camarade, amour de jeunesse inachevé fait surgir les souvenirs, un puissant désir d’avenir la submerge. Depuis les roches brûlantes de Cassis, Ruben a trouvé la force d’écrire, lui qui ne sait plus rien d’elle depuis si longtemps. En dépit des idéaux qui les
ont amenés à se rencontrer
et à s’aimer, c’est le départ de Jeanne pour Cuba qui a scellé leur éloignement. À moins que ce ne soit le refus de Ruben de la suivre, horrifié à l’idée de retrouver les drapeaux sanglants de la révolution, lui qui a dû fuir l’Espagne franquiste. Mais peu importent les révolutions, seules leurs retrouvailles comptent car plus de cinquante ans après, tout reste à vivre.

Revue de presse

- Et qu'importe la révolution? Jostein Sur la route de Jostein 13 septembre 2019
- Interview Catherine Gucher - À vous de lire Michèle Caron France Bleu Isère 7 septembre 2019
- Rentrée française : ces legs qui nous façonnent Anne-Frédérique Hébert-Dolbec Le Devoir 31 août 2019
- Histoire(s) de lire… Christine Le Garrec À vos marques… Tapage! 27 août 2019
- L'amour survit aux années, les convictions aussi Mimiche Actualitté 22 août 2019
- Et qu'importe la révolution? lectrice en campagne Livrophage 25 août 2019

- Et qu'importe la révolution?

Que reste-t-il de nos luttes de jeunesse quand approche l’âge de la retraite? Isolés Au Revest, dans la montagne, vivent quelques communistes militants des années 60. Adolescents, ils voulaient rompre avec la vie difficile de leurs parents, paysans ou ouvriers. Étudiants à Guéret, ils rêvaient d’une vie meilleure, admiratifs du plus grand révolutionnaire cubain, Fidel Castro.

« Le conquistador aux yeux de braise donnait raison à leurs élans. »

Ils ont voulu tant de liberté pour leurs enfants qu’ils sont partis vivre ailleurs.

Jeanne fait partie de ce groupe d’anciens révolutionnaires. En ce 26 novembre 2006, elle apprend la mort de son idole. Elle revêt alors sa longue robe vermillon qu’elle portait à Cuba en 1967. Elle n’a qu’un objectif, retourner à Cuba.

« Cette nuit, dans son rêve, elle a retrouvé sur sa peau la chaleur brûlante des étés de Santiago et tout son corps, ses os, ses muscles, ses artères, son sang, réclament de vivre à nouveau cette ferveur et ce bouillonnement de lumière. »

La lettre de Ruben, son amour de jeunesse, tombe à pic. Lui, l’espagnol qui, à trois ans, a dû fuir le régime de Franco avec sa grand-mère, n’avait pas voulu la suivre à Cuba.. Traumatisé par tous les bruits de guerre en Espagne puis en Algérie, il ne pouvait plus voir les drapeaux rouges de la Révolution.

[…]

Catherine Gucher cherche la beauté du monde, l’espoir de l’apaisement au travers du présent et de l’avenir de ces adultes marqués par les terreurs de la guerre et de l’exil. Ses descriptions de paysage, la montagne du Revest, les calanques de Cassis sont lumineuses.

Ruben est un homme particulièrement attachant pour son humilité et son regard attendri sur tous ceux qui l’entourent. Par son regard, les personnages secondaires se trouvent grandis.

Je me suis beaucoup moins attachée à Jeanne, plus égoïste. Obnubilée par sa passion cubaine, elle peine à voir la valeur des êtres qui l’entourent.

« Elle n’a jamais cru que la tendresse humaine pouvait tenir lieu d’avenir. Il lui faut des combats, des mondes à reconstruire, des utopies en chantier. »

Après mon coup de cœur pour Transcolorado, je souhaitais absolument lire ce second roman de Catherine Gucher. Un peu moins emballée, j’y retrouve pourtant des personnages particulièrement attachants, de superbes descriptions de paysages. Et toujours cette lueur d’espoir dans les yeux des êtres blessés par le passé.

Lisez la chronique complète en ligne!

Jostein
Sur la route de Jostein 13 septembre 2019

- Interview Catherine Gucher - À vous de lire

Michèle Caron interview Catherine Gucher à propos de son dernier roman Et qu’importe la révolution?

“Encore un roman d’une grande sensibilité, une belle écriture.”

Une interview à réécouter sur le site de France Bleu Isère

Michèle Caron
France Bleu Isère 7 septembre 2019

- Rentrée française : ces legs qui nous façonnent

[…]

L’autrice et sociologue Catherine Gucher met sa passion pour les êtres humains et les territoires qui les façonnent au service de sa fibre créative. Dans Et qu’importe la révolution ? (Le Mot et le reste, 24 septembre), elle s’intéresse à Cuba et aux promesses déchues d’une génération de révolutionnaires. À l’annonce de la mort de Fidel Castro, le 25 novembre 2016, une jeune femme renoue avec son amour et ses idéaux de jeunesse. Un grand roman générationnel « qui l’emporte sur les lendemains qui déchantent. »

[…]

L’article intégral sur le site du Devoir

Anne-Frédérique Hébert-Dolbec
Le Devoir 31 août 2019

- Histoire(s) de lire…

Et voici les premiers titres de ma sélection de cette rentrée littéraire qui s’annonce, comme tous les ans, fort chargée ! Je vous propose donc de découvrir les premiers romans (fort prometteurs !) d’Olivier Dorchamps et de Lola Nicolle, des romans d’auteurs confirmés comme Thomas Gunzig, Catherine Gucher et Didier Delome (dont je vous ai déjà présentés pour certains les précédents ouvrages) qui nous offrent tour à tour un « faux » feel good étonnant (et brillantissime !) et des histoires intimes bouleversantes d’humanité. Pour finir, je vous invite à dévorer le polar haletant et bien ficelé signé par Gilles Vidal… Allez, bon courage pour la rentrée ! Bonnes lectures à toutes et à tous… Et à très bientôt pour une autre sélection !

[…]

25 Novembre 2016 : Fidel Castro vient de mourir. Un vrai coup de tonnerre pour Jeanne, dont les souvenirs de sa jeunesse rebelle et révolutionnaire se rallument après cette funèbre nouvelle, comme un feu mal éteint dont les braises se mettent à crépiter après un souffle d’air… Femme libre et passionnée, Jeanne a milité toute sa vie sur tous les fronts et à 68 ans, elle n’a renoncé à aucun de ses idéaux… Même si ceux-ci ont pris toute la place dans son existence, éloignant d’elle son mari et son fils, lassés de ses incessants combats. Un fils d’ailleurs parti loin de cette « pasionaria » davantage préoccupé des soubresauts du monde que de sa progéniture, ulcéré par ses emportements politiques auxquels d’ailleurs il est loin d’adhérer, ces certitudes et ces luttes lui ayant volé l’amour de sa mère…

[…]

Après « Transcolorado » (chroniqué ici !), quel plaisir de retrouver l’écriture poétique, sensible et puissante de Catherine Gucher ! En nous offrant ce beau portrait de femme engagée, elle nous emporte avec grâce au cœur des espoirs d’une génération intimement convaincue de la nécessité de construire un monde meilleur et plus juste… Un idéalisme qui fait défaut aux nouvelles générations « aquabonistes », lassés de la politique qui ne se montre pas, il faut bien l’avouer sous son meilleur jour, depuis quelques décennies… « Et qu’importe la révolution » nous embarque sur les chemins de la passion, qu’elle soit amoureuse ou dictée par des convictions humanistes inébranlables, avec une incroyable justesse de ton et dans un style narratif fluide, qui coule de source. Magnifique… Et passionnant !

La chronique intégrale est à consulter en ligne

Christine Le Garrec
À vos marques… Tapage! 27 août 2019

- L'amour survit aux années, les convictions aussi

Depuis des années, Jeanne a garé sa vie de femme libre mais engagée, dans un village de l’Ardèche, après avoir fait siennes toutes les grandes causes, car aucune ne lui était étrangère.

Sans nouvelle de son fils, parti ailleurs vivre une autre vie puisqu’il n’adhère à aucun des combats de sa mère, elle n’est pas pour autant isolée : des couples avec lesquels elle a partagé tant d’idées et de luttes, des gens du cru avec lesquels elle a lié des amitiés, tissé des liens d’entraide, noué des relations un peu plus qu’amicales.

Parce que, à soixante-huit ans, Jeanne n’a renoncé à rien, surtout pas à la solidarité, encore moins à ses principes, ses idéaux ou sa liberté. Et elle embellit avec l’âge comme ne manque jamais de le lui faire sentir Paul qui pourtant « n’habite pas le même monde ». Lui qui recherche plénitude et sérénité. Elle toujours en quête de « mondes à reconstruire ».

[…]

Ce livre est superbe.

D’abord, il faut reconnaître à Catherine Gucher une plume d’une douceur et d’une poésie infinies. Même avec les mots les plus terribles et les plus durs. Entre ses doigts, ceux-ci volent comme des papillons, se posent au détour d’une fleur, s’enflamment sur des idées et des convictions, font une pause face à la plénitude sereine mais rude d’un hiver ardéchois, repartent de plus belle sur la conviction têtue d’une femme qui a cru à ses engagements et qui finira par, non pas les remettre en question, mais s’interroger sur les dérives qui ont pu accompagner cette Révolution que Jeanne continue pourtant d’appeler de se vœux.

L’amour survit aux années. Les convictions aussi. Même s’il est nécessaire (et peut-être plus facile, les années aidant) de composer avec les contradictions.

[…]

Et toujours, tout au long de ce livre, de magnifiques envolées poétiques, sur le temps, les nuages, la nature qui nous entoure et toutes ses beautés changeantes et diverses. Dans une langue claire, qui coule de source, comme pour nous convaincre de la vanité (Et qu’importe…) de toutes nos obstinations humaines (… la Révolution) devant tant de merveilles qui s’offrent gratuitement à nous.

L’intégralité de la chronique est disponible en ligne

Mimiche
Actualitté 22 août 2019

- Et qu'importe la révolution?

Première expérience pour moi avec cette maison d’édition marseillaise. Un joli roman, dont pourtant j’ai préféré la première moitié à la suite, plus centrée sur l’histoire d’amour entre Jeanne et Ruben. Mais ça se lit avec plaisir car l’écriture est de qualité, avec de très beaux passages poétiques liés à la nature. Et puis en fait j’ai bien aimé retrouver des endroits que je connais, le plateau ardéchois et Cassis. Les deux premières pages sont une très belle accroche avec le portrait de Jeanne.

Voici donc Jeanne et ses amis, Jeanne fâchée avec son fils qui ne la comprend pas, à qui elle a manqué en fait. Voici Jeanne, produit pur jus des révolutions des années 70, des idéaux plein la tête, des rêves de monde meilleur plein les yeux, et un tenace refus de ne plus y croire. On pourrait voir ici un florilège de clichés liés à cette époque. Ruben est un réfugié espagnol qui a fui le franquisme et Jeanne une pasionaria éprise de Fidel Castro; elle partira à Cuba fêter la révolution mais Ruben ne la suivra pas. Et aussi cliché que cela puisse paraître c’est ce qui est pour moi le plus intéressant, les points de vue divergents de Jeanne et Ruben. Car Ruben qui a fui la guerre, passant d’Oran à Paris, Ruben ne veut plus voir de drapeaux sanglants, quelle que soit la cause du sang versé, pour lui, elle n’est jamais bonne.

[…]

Aux illusions perdues, au renoncement, au bonheur trouvé dans les choses simples et dans l’amitié, à ce qui fait de nous des êtres humains dignes de ce nom…De multiples réflexions toujours d’actualité, même si comme Jeanne et ses amis, il est grand temps d’admettre que les temps et les gens et les sociétés ont changé.

Je ne saurai trop conseiller la lecture de Leonardo Padura pour Cuba, un regard d’une vie à l’intérieur – car il vit depuis toujours à Cuba et n’a pas l’intention de s’en aller – pour l’avoir écouté avec délectation raconter ses années Fidel et la suite, lire Padura, pour ça et son immense talent.

Quant à ce livre, c’est – comme ça m’arrive souvent – en essayant de le partager avec vous que j’en saisis plus profondément la complexité.

Bonne lecture !

Lire toute la chronique en ligne.

lectrice en campagne
Livrophage 25 août 2019
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