Parution : 21/03/2019
ISBN : 9782360549160
416 pages (14,8 x 21 cm)

John Coltrane

The Wise One

Un livre passionnant, une biographie très documentée sur Coltrane.

Alex Dutilh, France Musique // Open Jazz

Coltrane est l’un des premiers noms qui nous vient à l’esprit lorsqu’on parle de jazz mais il n’est pas simple d’appréhender l’ensemble de son œuvre. Constamment à la recherche de nouvelles sonorités et de techniques novatrices, désireux de faire évoluer perpétuellement son jeu, il a participé à l’évolution du jazz. Après avoir joué avec les plus grands (Dizzy Gillespie, Miles Davis, Thelonious Monk) auprès desquels il développe son style unique, il crée la sensation avec un album, enregistré en même temps qu’il travaille avec Miles Davis sur Kind Of Blue, et qui sera un des monuments du be-bop : Giant Steps. Après ce coup d’éclat, il emprunte une voie qui n’appartient qu’à lui et dont l’apogée sera atteint avec A Love Supreme. Nicolas Fily approche la carrière du musicien chronologiquement et traite l’ensemble de la discographie de Coltrane et les événements majeurs qui ont jalonné sa vie.

Revue de presse

- John Colatrne - One more time... Yves Sportis Jazz Hot 28 février 2020
- John Coltrane, Graal sacré Bruno Pfeiffer Libération // Ça va jazzer 9 février 2020
- Coltrane L'homme avisé Jacques Lerognon Le Jazzophone automne 2019
- John Coltrane Florent Servia Jazz News août-septembre 2019
- Giant Steps - John Coltrane Paul Decherf Version Standard 30 septembre 2019
- Marque ta page #7 Amaury Rauter Goûte mes disques 23 juillet 2019
- JOHN COLTRANE - Plus qu'une vie François-René Simon Jazz Magazine juin 2019
- John Coltrane Alain Vollerin Le blog des arts 2 mai 2019
- John Coltrane : avant-garde et vieux démons… Jean Rouzaud Radio Nova 26 mars 2019
- Jazz culture, John Coltrane Alex Dutilh France Musique // Open Jazz 26 mars 2019
- John Coltrane Sophie Chambon Les Dernières Nouvelles du Jazz 12 mai 2019
- John Coltrane : The Wise One, une bio remarquable de Nicolas Fily Jean-Pierre Simard L'autre quotidien 25 avril 2019
- John Coltrane, jazz mystique et révolutionnaire Tewfik Hakem France Culture // Le réveil culturel 25 avril 2019
- Les essentiels Stéphane Basset France 2 // Basique 15 avril 2019

- John Colatrne - One more time...

Voici quatre ouvrages évoquant le déjà très documenté et commenté John Coltrane. Après les divers ouvrages et le travail effectué –du temps de John Coltrane et depuis– par les revues spécialisées dans le monde entier, les films et les documentaires, on ne peut manquer de se poser la question de l’opportunité d’en rajouter. C’est sans doute la force de John Coltrane –comme celle des quelques légendes du jazz, mais sans doute plus accentuée pour quelques-unes d’entre elles, Miles et Chet par exemple– de générer des élans, des vocations d’écritures ou d’attirer une forme d’opportunisme (associer son nom à celui de John Coltrane offre une plus grande exposition médiatique, voire une meilleure gratification narcissique). Et finalement, dans ces biographies et études stylistiques, pour les amateurs de longue date, on en apprend plus des rédacteurs eux-mêmes (leur perception de John Coltrane) que de l’objet de leur curiosité. Pour le lecteur nouveau ou aléatoire, la matière nouvelle peut être, par le hasard et par la nouveauté (disponibilité en librairie), l’occasion de faire un choix, et, c’est vrai, l’occasion de découvrir un musicien, malgré sa notoriété bien établie et l’abondance de documentation déjà existante.

Il y a dans ces livres des renseignements biographiques exacts plus ou moins précis selon les auteurs, des bibliographies souvent incomplètes ou pas très curieuses de la différence ou de la divergence, des discographies inégales, jamais complètes, mais il n’y a rien de fondamental ou de nouveau. Il y a des commentaires, stylistiques fondés parfois sur des précédents ou originaux mais toujours contestables, documentaires sur l’époque, très souvent partiels, des précisions de circonstances, biographiques, mais là encore, ça existe déjà ou c’est plus informatif sur l’auteur que sur l’artiste.

Il faut donc déjà dire que ces ouvrages s’adressent davantage aux nouvelles générations qui n’auraient pas d’autres curiosités que les ouvrages récents pour leur permettre d’aborder un musicien déjà ancien. Les auteurs sont de trois catégories:

[…]

Reste l’invité de la dernière heure de cette chronique, John Coltrane, The Wise One, de Nicolas Fily, qui nous a été confié par son auteur au hasard d’une rencontre récente. Publié par une maison d’édition marseillaise, Le mot et le reste, cet ouvrage présente des similitudes avec celui de Jean Francheteau: on y sent la passion d’un premier ouvrage, très imposant par le volume et la recherche, et donc la volonté de s’adresser aux lecteurs. C’est ce qui nous fait préférer ces deux ouvrages: il y a un très consistant travail de recherche, un plus grand naturel d’expression et une ouverture vers le lecteur.
Chez Nicolas Fily, le déroulement est encore chronologique, suivant les étapes de la vie et des rencontres de John Coltrane (L’éducation, Miles Davis, Thelonious Monk, Blue Note, Prestige, Milestone), avant de suivre la canevas de la discographie à partir de la période en leader: Atlantic, Impulse!, avec pour chaque période un découpage fondé sur les enregistrements. Les collaborations en sideman ne sont pas oubliées, comme les méandres-digressions d’un grand fleuve. La qualité d’écriture de Nicolas Fily est essentielle pour cet exercice qui pourrait paraître répétitif chez ses confrères. Le travail d’écoute, même quand on ne partage pas les analyses, est aussi à mettre à son crédit. Il est minutieux et attentif.
Parmi les défauts de jeunesse de Nicolas Fily –en dehors d’une coquetterie de plume et d’un conformisme d’époque assez fréquent plus difficile à corriger– il y a cette propension à penser que la dernière production est toujours meilleure que la précédente: le progressisme. Pour Nicolas Fily, c’est aussi une caractéristique du jazz, les modernes étant nécessairement plus intéressants, plus libres, plus aériens que les anciens, sans se poser la question de sa propre perception d’homme de l’an 2000. Si un conseil est utile à un auteur en devenir, c’est de lui dire que le progressisme en art, même dans le cours d’une carrière d’artiste, est une absurdité et, plus dommageable, le prive de la beauté du jazz et des arts de toutes les époques dans la pluralité des expressions, particulièrement accentuée dans le jazz où l’individualité et le contexte historique et géographique déterminent une grande variété et richesse d’expression. Il suffirait de changer d’art ou de musique pour comprendre que les artistes ont aussi une vie, des recherches et des cheminements, un contexte, et qu’après, les jugements de valeur de ceux qui les commentent –critiques et auteurs– doivent être très relatifs, se replacer dans l’époque et les lieux, remettre en cause leurs oreilles de l’an 2000 (ou d’avant pour les plus vieux), avec cette part de doute sur la perception du critique, son époque et ses jugements. Cette relativité appelle des commentaires plus descriptifs en fait qu’autre chose, tournés vers l’objet d’étude, vers l’artiste, sans avoir besoin d’une pédanterie et fausse science à la Hodeir. La relativité oblige à dire que toutes les générations n’écoutent pas avec la même oreille, et que certaines perceptions du début du XXe siècle (et même des siècles précédents) valent aussi bien que beaucoup d’aujourd’hui en matière de musique et d’art. On peut donc ne pas être d’accord avec telle ou telle interprétation de Nicolas Fily de ce qu’un album de Coltrane porte, de ce que le musicien transmet de sa culture (par exemple la paix supposée de Crescent ou le caractère mystique de tel ou tel autre enregistrement, comme la plus ou moins grande liberté dans celui avec Don Cherry, et même sur l’importance supposée de Kind of Blue, etc.). Cette partie du travail est, selon moi, la plus contestable, en dépit d’une langue précieuse et de l’écoute méticuleuse, et c’est également vrai pour Jean Francheteau, sans parler de Franck Médioni qui est moins naturel dans ses commentaires, plus ampoulé, plus attendu aussi.
Chez Nicolas Fily, les pages de mises en situation de la biographie sont excellentes, précises, et dans le cours de l’ouvrage, il garde toujours quelques mots pour situer tel ou tel enregistrement dans son contexte culturel, social et historique. Le travail de notes est bien meilleur que chez ses confrères, et il a beaucoup travaillé, en passionné comme Jean Francheteau, et ses curiosités (cinéma ou autres) donnent à l’ensemble de l’ouvrage un environnement plus «charnu», plus américain (on l’oublie mais Coltrane ne vivait pas dans la lune). Il possède donc beaucoup de qualités, une méthode de travail, qui devraient lui permettre de partager sa passion du jazz avec des lecteurs au-delà de ce premier ouvrage. On le souhaite car il y a tant à raconter sur le jazz qui n’a jamais même été envisagé par les éditeurs… Et si Nicolas Fily remet en cause quelques évidences, qui sont souvent des lieux communs de la critique ordinaire, comme le progressisme, et cette manie de ne traiter que ce qui l’a déjà été moult fois, il pourra apporter une contribution originale.

Cela en dit long, donc, sur la puissance de la musique de Coltrane qui questionne autant les auteurs que les auditeurs. C’est la force principale de John Coltrane, et de l’Afro-Amérique dans son ensemble: cette conviction qu’on retrouve aussi bien chez Mahalia, Billie, Ella, Bessie, Mary Lou Williams, Louis, mais aussi Duke, Count, Monk, Dizzy, Parker, Bud, Lester, Ervin, Hawkins, Mingus, Dolphy, Kirk, Hooker, et des milliers d’autres, cette rage de vivre qui forge la volonté depuis plus de quatre siècles et qui a été sublimée dans cet art qu’on nomme le jazz. Pas uniquement chez John Coltrane, même s’il est l’un des grands créateurs d’une des époques du jazz. Le génie est une constante dans le jazz, depuis Louis Armstrong jusqu’à aujourd’hui et dans une quantité qui fait du jazz un art exceptionnellement généreux en vrais artistes, une vraie civilisation par le modèle alternatif qu’il propose pour tous les secteurs de la vie humaine.
Nicolas Fily et Jean Francheteau se livrent en fait eux-mêmes, avec naturel, dans leur perception passionnée de Coltrane, c’est une prise de risques mais aussi un besoin pour eux. Franck Médioni et Roland Guillon se livrent dans leur perception selon ce qu’ils sont: un journaliste et un universitaire. Tous s’appuient, trop selon notre opinion, sur des perceptions déjà formulées par d’autres pour ce même artiste. Il serait préférable comme on pourrait le dire des musiciens, que chacun ait une voix particulière afin de rendre plus fertile cette répétition de publications sur un même artiste.

En conclusion de cette note collective de lecture, vous avez le choix:
pour l’easy reading et être sûr que vous pensez comme Carlos Santana, David Bowie et André Francis, que Coltrane est une idole, il faut lire bien sûr Franck Médioni.
Si vous aimez la concision scolaire, il faut lire Roland Guillon. Il choisit ses thèmes et rend une copie honorable manquant un peu de chair.
*Si vous cherchez plus de naturel, de passion et plus de documentation, il faut lire Jean Francheteau et Nicolas Fily.
Au titre de la découverte de John Coltrane, les ouvrages de Jean Francheteau et Nicolas Fily paraissent plus profonds et documentés.*

La grande leçon de ces multiples éditions consacrées à John Coltrane (et on comprend dans ce lot les récentes biographies américaines d’Ashley Kahn et Lewis Porter, comme tout un tas d’ouvrages de vulgarisation), c’est que John Coltrane donne du grain à moudre…

Si vous aimez John Coltrane, vous avez encore dans Jazz Hot pour compléter votre passion*, de vraies discographies détaillées, des interviews non tronçonnées, des articles écrits sur le moment, des chroniques de disques, réalisées à différentes époques, de John Coltrane et de dizaines de musiciens qui l’ont côtoyé, évoqué, avec des photos d’époques, à commencer par les membres de son quartet de légende: McCoy Tyner, Elvin Jones, Reggie Workman, Jimmy Garrison, Elvin Jones, des invités comme Pharoah Sanders, Archie Shepp, Eric Dolphy, ou des suiveurs comme Sonny Fortune…(cf. L’intégrale Jazz Hot de John Coltrane)

La chronique complète est disponible sur le site de Jazz Hot

Yves Sportis
Jazz Hot 28 février 2020

- John Coltrane, Graal sacré

Le long des 400 pages de The Wise One, Nicolas Fily (photo DR), un passionné, examine et dissèque, loupe à la main, la quête mystique du saxophoniste/compositeur qui bouleverse le jazz depuis soixante ans. Pour longtemps encore. En témoigne l’engouement partagé l’an dernier autour d’une session studio inédite de 1963. L’auteur passe au crible le parcours du monstre sacré, depuis l’apprentissage, cela jusqu’à l’apothéose du style, en passant par les rencontres décisives (Dizzy Gillespie, Miles Davis, Thelonius Monk). L’on a choisi le livre comme Coup de cœur de la période des Etrennes. L’exploration à pas de géant, sans trébucher, dans une langue accessible, de l’Américain disparu en 1965, défricheur sans égal de la planète jazz, nous aura convaincu. The Wise One décroche, conjointement avec le Keith Jarrett de Jean-Pierre Jackson, le premier accessit du Prix du Livre 2020, décerné fin janvier par l’Académie du Jazz.

INTERVIEW Nicolas Fily

Comment avez vous travaillé?

Je me suis documenté considérablement : magazines, livres, interviews… pour me faire une idée de ce qui avait déjà été dit et écrit des deux côtés de l’Atlantique à propos de Coltrane. Je me suis ensuite procuré l’ensemble de sa discographie en vinyles originaux, cela pour retrouver le son tel qu’il arriva aux oreilles des auditeurs de l’époque. Les notes de pochette ont représenté une inestimable source d’informations. Puis, je me suis astreint à une certaine discipline d’immersion : j’ai avancé chronologiquement dans la discographie, écrivant au fur et à mesure mon ressenti, le replaçant à chaque fois la musique dans un contexte historique et social plus large. J’ai lu beaucoup de littérature «Noire» (W.E.B. Dubois, James Baldwin, Ta-Nehisi Coates, Kenneth Clark, Langston Hughes, LeRoi Jones…), ainsi que des articles et ouvrages plus généraux sur l’histoire des États-Unis. Le tout en étroite collaboration avec l’équipe de l’éditeur Le Mot et le Reste.

Quelle ressource avez-vous privilégié dans l’écriture ?

Il m’est impossible de cacher l’amour que j’ai pour le sujet. Néanmoins, je me suis efforcé de rester le plus objectif possible. Je n’ai donc privilégié aucune ressource en particulier. J’ai lu les ouvrages d’Hugues Panassié, par exemple, ou de l’anglais Philip Larkin. Des auteurs qui n’étaient pas tendres avec l’avant-garde du jazz, a fortiori avec John Coltrane… J’ai lu d’autres ouvrages généraux sur l’avant-garde du jazz écrits par des journalistes qui travaillaient au plus près des musiciens (Valerie Wilmer). J’ai essayé de coller au factuel. Tout en laissant libre cours à mon imagination et à ma propre interprétation.

Sur quel ouvrage majeur vous êtes-vous appuyé?

S’il fallait en citer un, je retiendrais l’ouvrage colossal de Yasuhiro Fujioka. Celui-ci reprend l’emploi du temps de Coltrane, de 1945 à sa mort. Voilà la clé de voûte du livre. Les biographies anglophones – Lewis Porter (pour l’aspect technique notamment), J.C. Thomas (pour les témoignages et anecdotes), ou Eric Nisenson – m’ont inspiré. En France, le passionnant Jazz Supreme de Raphaël Imbert, les témoignages recueillis par Frank Médioni, ou Le Cas Coltrane d’Alain Gerber. Enfin, les ouvrages plus généraux : les livres de Jacques Ponzio (Thelonious Monk), L’Autobiographie de Miles Davis, l’histoire du label Impulse! par Ashley Kahn…

Pourquoi le choix du titre, The Wise One?

J’affectionne particulièrement la composition de Coltrane Wise One. Tout y est magnifique. J’y ai accolé le The. En effet, «wise» que l’on peut traduire par «sage» (au sens d’avisé ou de savant) me semble l’épithète qui colle à la fois à l’homme et au musicien.

Qui était Coltrane, en quelques mots?

Un homme foncièrement bon, un père de famille, un mari aimant. Coltrane était un homme noir dans une société où cette couleur n’était pas bienvenue. Coltrane était un musicien exceptionnel, aux qualités forgées à la sueur du front, à force de travail et d’abnégation. Coltrane était un homme curieux, ouvert sur le monde : il se nourrissait des cultures du monde entier, de l’Afrique fantasmée à l’Asie. Coltrane était un mystique, au sens le plus noble du terme, loin de toute enclave religieuse, lui à la connaissance si profonde des religions. Coltrane s’avouait féru de science, de numérologie, d’astrologie… Et se révèle un maître du saxophone : il en révolutionna la pratique. Coltrane, déjà de son vivant, était un modèle pour une génération de musicien. Encore aujourd’hui, qui dans le jazz se targue d’une telle influence?

Comment le situez-vous parmi les génies du jazz?

Chaque instrument engendre son icône. Charlie Parker au sax alto ; Thelonious Monk au piano ; Miles Davis à la trompette ; Charles Mingus à la contrebasse ; Max Roach à la batterie… Il devient compliqué de situer Coltrane par rapport à ces géants. Une évidence, cependant : il représente l’équivalent de ces derniers pour le sax ténor. Si tous ces musiciens entrent dans la légende, ils le doivent également à leur personnalité. Parker le «camé» – Monk le «fou dansant» – Miles le «frimeur» – Mingus «le rebelle» – Roach le «revendicatif»... Coltrane rejoint la conférie, avec une personnalité unique, lumineuse, de surcroît subtile.

La qualité principale?

De se remettre en question en permanence. Cela se perçoit dans la trajectoire ascendante de sa carrière. Il écrivait la musique. Le compositeur de génie avait l’inspiration, la créativité, l’envie de bousculer l’ordre établi. Il se nourrissait d’éléments extérieurs.

[…]

Quels musiciens l’influencent?

Jeune, il citait Johnny Hodges, Lester Young, Coleman Hawkins, et Charlie Parker. Plus tard Dexter Gordon ou Sonny Stitt. En se professionnalisant, les leaders l’influenceront: Dizzy Gillespie, Miles Davis, Thelonious Monk… Arrivé à maturité, il citera souvent Sonny Rollins ou John Gilmore. À la fin de sa vie, il cherchera une nouvelle source d’inspiration auprès de la jeune garde. Pharoah Sanders fera évoluer en profondeur la musique et le groupe de Coltrane à partir de 1965. Albert Ayler, aussi. Au delà des saxophonistes, Coltrane s’est dit influencé par la musique du sitariste Ravi Shankar, ou du harpiste Carlos Salzedo.

En quoi sa présence est-elle d’actualité?

Le pianiste Martial Solal a témoigné qu’au concours dont il était juré, un apprenti musicien sur deux se faisait les dents sur Giant Steps, preuve de l’expertise exemplaire que nécessite le morceau composé il y a 60 ans! Observons ceci : si Coltrane fait l’actualité, c’est qu’il était également un grand compositeur : songez à Naïma. À partir du moment où il trouve sa voix/voie – à la fin des années 50 – les enregistrements deviennent intemporels. Il suffit de demander à n’importe quel saxophoniste ; un sur deux – au moins – vous répondra que son influence majeure s’appelle Coltrane. Les grands noms actuels du jazz comme Kamasi Washington (voir le documentaire Chasing Trane) ou Shabaka Hutchings, formulent des propos élogieux à l’égard de Coltrane.

Que recherchent les générations actuelles dans sa musique?

Impensable d’écouter du hip hop sans avoir entendu parler de Nas ou du Wu Tang Clan. Ou du rock sans savoir qui étaient Pink Floyd ou les Stones. De même, comment découvrir le jazz sans avoir au moins écouté une fois John Coltrane. Le géant est devenu un passage obligé, une quête d’authenticité pour ceux qui veulent comprendre l’essence de cette musique.

Découvrez l’interview complète sur le site de Libération

Bruno Pfeiffer
Libération // Ça va jazzer 9 février 2020

- Coltrane L'homme avisé

On a déjà beaucoup lu sur la vie de John Coltrane. Articles et biographies sont déjà nombreux et pourtant cet ouvrage de Nicolas Fily n’est pas qu’un livre de plus sur le saxophoniste de Caroline du Nord. Le parti pris de l’auteur est de raconter la musique de Coltrane plutôt que sa vie personnelle même si elles sont intimement liées. Il n’évoque Naimai, sa première femme, que parce qu’elle donne son prénom à l’une des plus belles compostions du saxophoniste ou Alice, la seconde, quand elle prend la place de McCoy Tyntr derrière le piano du groupe. Ce Wise One est, de fait, une bio-discographie, chaque album, est étudié dans l’ordre chronologique de son enregistrement (les bandes du récent Both Directions At Once paru en 2018 datent de mars 63). Chaque thème est scruté du point de vue de l’auditeur mais aussi du musicologue. En 1955, Coltrane joue encore avec Miles Davis, Fily aborde le LP « Workin’ », et nous dit: « Dès l’introductif “Just Squeeze Me” on sent poindre le futur style de Coltrane, quand il succède à la beauté du solo de Miles. Le son est chaud mais déjà poussé par une certaine forme de fulgurance et subtilement porté vers l’algu. ». Le style de Coltrane évolue, de chapitre en chapitre, de Dizzy à Pharoah Sanders, ses compagnons de route, de studio. Nicolas Fily nous guide dans les méandres de l’abondante production de Trane, pointant les mutations dans le jeu, dans l’inspiration, l’apparition de la spiritualité, jusqu’à son plongeon dans le freejazz. Et c’est cette dernière partie du récit qui est la plus passionnante.

[…]

Un livre à lire avec une bonne pile de 3.3T prêt à l’usage pour en savourer la substantifique moelle.

Jacques Lerognon
Le Jazzophone automne 2019

- John Coltrane

Quelle bonne nouvelle que cette somme sur la vie et l’œuvre de John Coltrane! Méthodiquement et par ordre chronologique, Nicolas Fily découpe les grands axes du parcours entrepris par celui qui est devenu une légende : l’auteur de Giant Steps, My Favorite Things, Olé, A Love Supreme dédia sa vie à des quêtes : partager l’amour, la paix et l’universalité en musique. Mais aussi renouveler le langage musical, parvenir à une signature propre.
Tout ça, Nicolas Fily le raconte. Il décortique les disques de Saint John Coltrane, leur genèse et leur apport, mais aussi le passage fondateur dans le quintet de Miles Davis, les débuts de son quartet, ses années avec les labels Atlantic puis, évidemment, Impulse! C’est toute l’œuvre du grand Coltrane qui est ici racontée dans son accomplissement. Y a-t-il seulement quelque chose de plus important que le cheminement déterminé de Coltrane, cette vie entièrement dédiée au geste musical et à sa signification?

Florent Servia
Jazz News août-septembre 2019

- Giant Steps - John Coltrane

John Coltrane tracé sa route dans l’Histoire du Jazz à pas de géants. Figure mythique de la musique, son héritage est multiple et complexe, fait de nombreux enregistrements et compositions. L’une d’entre elles, Giant Steps, est considéré comme l’un des morceaux les plus durs à interpréter.

John Coltrane l’a composé en 1959. Toujours avant-gardiste, il cherche de nouvelles manières d’improviser. Avec Giant Steps, il met à mal les repères des musiciens de bebop en écrivant des enchaînements d’accord complexes et jamais entendus, qu’il parvient pourtant à faire sonner comme une évidence.

Si les jazzmen ont d’abord eu peur de se confronter à la tumultueuse grille d’accords coltranienne (le pianiste Tommy Flanagan en fait les frais sur la version originale), ils ont ensuite été nombreux à l’apprivoiser, à mieux cerner les fascinantes propositions harmoniques tracées par le géant John Coltrane.

Cet épisode est l’occasion de se pencher sur sa vie et sa carrière. Seulement, un épisode serait bien insuffisant pour en parler. C’est pourquoi je vous recommande la lecture de sa biographie écrite par Nicolas Fily, sortie en 2019 aux Editions Le Mot et le Reste.

Écouter l’épisode consacré à Giant Steps

Paul Decherf
Version Standard 30 septembre 2019

- Marque ta page #7

John Coltrane, The Wise One trouve son origine dans nos colonnes : pour célébrer le cinquantenaire de la mort du saxophoniste, notre rédacteur Nicolas Fily s’était proposé de réaliser les chroniques des 10 albums qu’il jugeait essentiels à l’approche de sa carrière protéiforme et, sous certains aspects, insaisissable. Il lui en a ensuite peu fallu pour décider de se charger de sa vie entière, grâce aux éditions du Mot et le Reste qui allaient ainsi mettre sur le marché l’*une des biographies les plus accessibles de ce parcours épique*, tant sur sa trajectoire humaine que mélodique.

Et justement, The Wise One livre un texte bien plus dense et fourni que les habituels pavés d’anecdotes dont la finalité se révèle malheureusement plus divertissante que didactique. En synthétisant une somme importante d’informations, Nicolas Fily guide le lecteur au fil d’une biographie classique – qui adopte un rythme chronologique dans la narration des événements – vers des balises détaillées que forment les diverses rencontres de Coltrane ainsi que les performances musicales qui en résultent. Il cartographie de cette manière l’évolution d’un souffle et d’un milieu en proposant la multitude de visages qu’ils ont respectivement adoptés au cours d’une vie précise : l’individu Coltrane comme prisme du rayonnement jazz. Mieux que le format classique de la maison d’édition en « 100 Albums », cette série de chroniques et de portraits en mouvement permet de dégager dans leurs confrontations un supplément d’informations propre à ce genre musical : quelles luttes se dissimulent derrière les différentes énergies sonores en jeu, lors de sessions studio de surcroît souvent improvisées ?

Qu’il s’agisse par exemple pour Coltrane de trouver sa place dans un groupe parfois mené par de grands leaders, de revendiquer certaines positions politiques ou de parvenir à produire le son de demain, The Wise One décrypte toujours avec justesse cette mise en musique d’un quotidien sans cesse emporté dans un tourbillon. Jusqu’à convaincre les plus indécis au sujet du « ténor énervé », Nicolas Fily détaille et explique ses manières particulières de jouer, en les célébrant, mais surtout en livrant leurs significations comme leurs aspérités ; il traduit dans une langue simple – bien que poétique – la lumière d’un discours parfois aveuglant. Par là même, il fait bien plus, car il offre un tremplin vers d’autres œuvres du Jazz. De ce personnage unique, il ouvre la voie.

Retrouvez la chronique sur GMD

Amaury Rauter
Goûte mes disques 23 juillet 2019

- JOHN COLTRANE - Plus qu'une vie

Tous les amoureux de Coltrane et de sa musique, comme ceux qui ignorent tout ou presque de sa personne, de son aventure et de sa vie si tôt interrompue, doivent se plonger dans le livre de Nicolas Fily, J.-C. The Wise One. Plus qu’un condensé, c’est un concentré de tout ce qui a pu s’écrire ici et là sur le saxophoniste, notamment par Eric Nisenson et Yasuhiro Fujiyoka. C’est avant tout une analyse, morceau par morceau, étape par étape, personnelle et non rébarbative de l’immense discographie du musicien, jusqu’aux dernières publications comme “Both Directions At Once / The Lost Album”.

À part, peut être, une étude de ce qui fait la spécificité du son coltranien, rien ne manque ici, pas même des aperçus restrictifs comme lorsque J.C. se révèle “tout simplement pas éblouissant” (dans “Steamin’ ”, avec Miles). Mais on partage avec l’auteur l’idée que Wise One, extrait de “Crescent”, est réellement une “merveille”. On aimerait lire ce livre à haute voix, entendre cette parole savante et convaincante, pleine d’amour pour son sujet, qui s’achève sur l’évidence de sa dimension plus qu’universelle: cosmique.

François-René Simon
Jazz Magazine juin 2019

- John Coltrane

Nicolas Fily, né en 1983, travailla pour le festival des Trans Musicales de Rennes avant d’être disquaire dans la capitale bretonne, puis à Bruxelles, et voici son premier livre. Depuis 2015, il assure la chronique de jazz pour le web-zine Goûte mes disques. Née d’une vaste collecte d’informations, cette biographie aborde et contextualise l’ensemble de la discographie de John Coltrane du point de vue d’un auditeur curieux, avec l’envie d’amener le lecteur à aimer sa musique, tout en reprenant les événements majeurs de la vie de John Coltrane, comme ses rencontres avec Charlie Parker, Dizzy Gillespie ou Miles Davis. Illustré par des reproductions de pochettes de disques. Une excellente idée de cadeau.

La chronique en ligne

Alain Vollerin
Le blog des arts 2 mai 2019

- John Coltrane : avant-garde et vieux démons…

Même si comme moi on est un peu dubitatif sur certains aspects du Jazz, tout s’explique par la situation de son âge d’or et de ses prolongements, dûs à une crise attendue d’émancipation des Afro-Américains, et à une libération mondiale…

Émancipation et avant-garde

Avec le disque et le show-business américain, les grands orchestres genre Duke Ellington, Count Basie ou Louis Armstrong, vont imposer leur Swing (après le Fox Trot, le Charleston, le Boogie, le Be Bop…) des années 20, jusqu’à l’après-guerre.

Et c’est là que le Jazz va faire une envolée spectaculaire, du Bop, au « Cool Jazz », Soul Jazz, puis du Free au Fusion… Un immense désir de reconnaissance, va se faire jour dans une Amérique d’apartheid.

Cette « Prise de conscience » noire, cet élan créatif, avec peintres, écrivains, danseurs, journalistes, photographes, éditeurs, militants et Jazzmen va s’appeler « Renouveau » à Harlem comme à Chicago.

Dépassant l’éternel spectacle des noirs si doués sur scène, pour amuser les blancs dans la salle, une poignée d’instrumentistes (principalement trompette, saxo et clarinette) vont donner au Jazz de danse, des lettres de noblesse, intellectuelles et d’avant-garde.

Parmi les plus acharnés de la recherche et de la création stylistique, se trouve John Coltrane, saint apôtre d’un Jazz émancipé, libéré de toute règle, s’adonnant à une recherche de l’ « âme », de la spiritualité tous azimuts et des compositions ultra-contestataires.

John Coltrane, le sax en colère, le laborieux, le réfléchi, poussant au plus loin ses découvertes musicales.

Comme d’autres, après les nouveautés d’Igor Stravinsky, d’Eric Satie, de Claude Debussy, de Maurice Ravel, Béla Bartok… il s’est branché sur la musique de l’école de Vienne (Anton Webern, Arnold Schönberg, Alban Berg…) et souhaite débarrasser le Jazz de ses règles de tonalité (mineure ou majeure).

Bref, tous ces instrumentistes (la plupart du temps des cuivres) vont casser le sacro-saint carcan des thèmes, reprises, refrain, gammes, développement…
John Coltrane

John Coltrane, après avoir été encensé pour sa maitrise, sa finesse, son sens travaillé de la musique, ses accords subtils, son rôle de contrepoint avec les plus grands, comme Miles Davis…. ne va pas en rester là.

Saint Coltrane

Il est l’un des saints apôtres, de plus en plus adulé dans les années 50, et va passer à la vitesse supérieure, laissant une partie du public et des critiques stupéfaits. Coltrane va littéralement décoller…

Entouré de dizaines d’instrumentistes surdoués (basse, batterie, piano) auxquels il impose des improvisations, ruptures, changement de ton, de rythme, de phrasé, va dérouter beaucoup de ces moines du Jazz…

Il devient « hors commerce », mais ses concerts sont des messes, ses disques des Bibles (« My Love Supreme », « My Favorite Thing », « Meditations », « Giant Steps », « Ascension », « Soul Trane »… on note l’ambition des titres !), et son aura celle d’un visionnaire, générateur de cette « New Thing » : calme ou speedée, dépouillée ou empilée.

Les autres idoles de cette révolution, derrière le spectaculaire Miles Davis, la grande Église du jazz Moderne (Thelonious Monk, Ornette Coleman, Dizzie Gillespie, Sonny Rollins, Steve Lacy, Cannonball Adderley, Charlie Mingus, Charlie Parker, Lester Young, Archie Shepp Art Blakey, Lester Young, Chet Baker etc.)

Le livre John Coltrane de Nicolas Fily (éditions Le Mot et Le Reste) vous dira tout de cette explosion jazzistique des années 50, 60, de l’ambition et des extrêmes de cet engouement mondial, de la course folle de certains « adeptes ». Au premier rang : Coltrane.

Insatisfait, en quête perpétuelle, ce fumeur, buveur, qui fut longtemps héroïnomane, va littéralement s’épuiser en tournées et dizaines de disques, d’interviews, de critiques : il meurt en 1967, à 40 ans !

L’auteur raconte aussi la quête spirituelle de Coltrane, son intérêt pour les spiritualités indiennes, musulmanes, africaines, lui le petit méthodiste (protestant évangéliste) appliqué et travailleur, obsédé d’absolu !

Cette saga de centaines de personnages, les réactions mondiales à cette rupture (exactement symétrique à l’Art abstrait, minimaliste puis conceptuel… les pochettes de 33 tours Jazz des années 50–60 sont des œuvres abstraites, néo-plastique), comme une révolte désespérée pour évoluer.

Cette « adoration » des adeptes et des sectes du Jazz, quasiment mystiques, qui m’ont souvent fait reculer, sont la réponse aux injustices, aux crimes du monde, face à des êtres qui se sont totalement immergés dans leur Art, au point de créer une planète nouvelle.

Une mode qui dure encore, malgré les Tsunamis Rock, Pop, Blues…

Retrouvez la chronique sur le site de Novahttps://www.nova.fr/john-coltrane-avant-garde-et-vieux-demons

Jean Rouzaud
Radio Nova 26 mars 2019

- Jazz culture, John Coltrane

Alex Dutilh vous parle du livre de Nicolas Fily, “passionnant et très documenté”. Réécoutez l’émission et découvrez sa chronique.

L’émission en ligne

Alex Dutilh
France Musique // Open Jazz 26 mars 2019

- John Coltrane

On croyait que tout avait été dit, écrit sur John Coltrane mais le saxophoniste, plus de cinquante après sa disparition, le 17Juillet 1967, continue à inspirer musiciens, poètes, écrivains. Dans Le Réveil culturel sur France Culture, l’émission matinale de Tewfik Hakem, Nicolas Fily évoquait sa fascination pour le saxophoniste, l’homme autant que sa musique, découverte en écoutant du hip hop et en écoutant les diverses formations de Miles. Passionné de musiques plurielles, Nicolas Fily, né en 1983, a mis à profit ses compétences de disquaire et de critique pour parcourir et commenter les étapes marquantes de l’ évolution coltranienne. Il analyse avec sérieux les avancées du saxophoniste, le style, sans omettre la part de l’ombre, des addictions, sans réduire la dimension excessive de la vie et des albums.
John Coltrane The Wise One, son premier livre est une somme sur la vie et la musique de cette légende du jazz du XXème siècle, virtuose et révolutionnaire. Il paraît chez l’excellente maison Le Mot et Le Reste qui cultive un éclectisme de bon aloi, à en juger par son catalogue qui ne s’arrête d’ailleurs pas à la musique.
Son travail de recherches s’appuie sur une bibliographie sérieuse, une discographie sélective mais précise. Ce qui n’est pas l’un des moindres avantages du livre. Il précise et on le croit sans peine que tous ces auteurs et chercheurs lui ont évité des années supplémentaires de défrichage des terres coltraniennes. Coltrane qui mourut jeune n’a jamais cessé, en effet, dans sa quête insatiable de sens, de travailler, d’enregistrer, de créer. Il a mené une vie d’ascète dont le caractère mystique se retrouve dans sa musique. La minutieuse entreprise de Fily ne sépare pas la vie de la musique, qui vont très bien ensemble, une vie racontée par le double prisme mystique et artistique. Tous ceux qui ont approché Coltrane ont vanté l’humilité et la sincérité de son engagement, la profonde humanité du personnage.

[…]

Nicolas Fily arrive à rendre l’amour qu’il éprouve pour cette figure unique de musicien qui sut en donner beaucoup au monde. Et selon la belle formule de Santana qui rendit hommage à Coltrane dans son album Love, Devotion, Surrender, en 1973, avec John McLaughlin: “Certains jouent du jazz, d’autres du reggae ou du blues, Coltrane jouait la vie.”

Pour la chronique intégrale c’est ICI

Sophie Chambon
Les Dernières Nouvelles du Jazz 12 mai 2019

- John Coltrane : The Wise One, une bio remarquable de Nicolas Fily

Avec sa bio-discographie d’un des plus grands innovateurs du jazz, Nicolas Fily fait fort en soulignant l’évolution de John Coltrane quasiment au jour le jour. Et ses pointilleuses analyses du pourquoi et du comment du son coltranien en font d’entrée un incontournable de toute bibliothèque jazz et, mieux encore, une enquête palpitante.

Les rencontres, c’est le trait principal du début de carrière de John Coltrane. Il a besoin de se nourrir de plein d’expériences donc il rencontre beaucoup de gens, beaucoup d’univers vraiment différents. Ce n’est pas un musicien comme certains qui ont un don de naissance qui fait d’eux des génies. Lui, il avait besoin d’apprendre, de travailler. C’était un acharné de travail. (Nicolas Fily)
Comment ne pas user de superlatifs, eu égard au fait que le saxophoniste représente à la fois pour l’histoire de la musique et la mise en sons de l’émergence de la conscience noire américaine des 60’s ? Qu’on tente de l’aborder par le biais de sa propre histoire, par ses rencontres, par le son qu’il génère ou sa constante quête musicale mystique au sens d’une approche globale du divin, Coltrane intrigue, passionne, convainc et terrasse tout sur son passage en accumulant performances et vrai succès public, à l’instar de Miles Davis qui l’a accouché comme soliste au sein de son quintette de la fin des années 50, avec une certaine qualité de bleu appréciable.

[…]

Incroyable personnage, on ouvrira à sa mort une église dédiée à son culte à San Francisco. Mais ça, c’est après car, avant, il vous reste à parcourir avec Nicolas Fily, la mise en route, le vécu et la persistance de l’œuvre d’un génie tranquille et d’un homme remarquable : John Coltrane. A Love Supreme !

Lisez toute la chronique sur L’autre quotidien

Jean-Pierre Simard
L'autre quotidien 25 avril 2019

- John Coltrane, jazz mystique et révolutionnaire

Nicolas Fily est l’invité du Réveil Culturel pour la parution d’une biographie du jazzman John Coltrane.

Tewfik Hakem s’entretient avec Nicolas Fily, chroniqueur de jazz et auteur d’une biographie du saxophoniste de jazz et compositeur, John Coltrane, parue aux éditions Le Mot et le Reste, John Coltrane : The Wise One.

Réécoutez l’émission en podcast sur le site de France Culture

Tewfik Hakem
France Culture // Le réveil culturel 25 avril 2019

- Les essentiels

Basique, le coup de projecteur sur l’actualité musicale de France 2 vous recommande la lecture de Eagles.

La chronique en ligne

Stéphane Basset
France 2 // Basique 15 avril 2019
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