Parution : 28/04/2007
ISBN : 9782915378382
448 pages (21 x 14,8 cm)

24.00 €

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Au-delà du Rock

La vague planante, électronique et expérimentale allemande des années 70

**D’après Éric Deshayes, auteur d’une remarquable encyclopédie du krautrock Bowie envisage un temps d’embaucher l’autre moitié de Neu!, Michael Rother. L’affaire ne se fera pas mais l’Anglais Robert Fripp, un habitué, lui fera ces notes allongées de guitare qui figurent la signature ultime de la kösmisch.*
Grégory Schneider – Libération

Dans le contexte de l’explosion psychédélique et contestataire de la fin des années 60, en Allemagne de l’Ouest, l’heure est aux expérimentations en tous genres : libération des mœurs, vie communautaire, drogues, découverte des cultures du monde. Pour de nombreux musiciens allemands le moment est venu de se libérer des modèles anglais et américains. Ils piochent allègrement dans tous les courants préexistants, du rock psychédélique au Free Jazz, en passant par les musiques du monde et la musique contemporaine. Certains mettent en avant l’improvisation collective, d’autres se focalisent sur leur pratique instrumentale, y injectant une forte dose d’électricité. Les techniques d’enregistrement se retrouvent elles-mêmes au cœur du processus créatif.

Dans les années 1970, ces groupes allemands poussent le rock dans ses derniers retranchements. Sa rythmique binaire est transformée en une cadence hypnotique. Ou, à l’inverse, cette rythmique fondamentale est totalement expurgée de leurs digressions cosmiques. Can, Kraftwerk, Tangerine Dream, Amon Düül, Ash Ra Temple, Faust, et bien d’autres, emmènent leur musique au-delà du rock. Leurs expériences pionnières vont servir de bases à d’autres explorateurs que l’on qualifiera de New Wave, Techno, électronica, ou encore Post-Rock.

Au-delà du rock offre une plongée dans cette phase historique d’expérimentation. L’ouvrage relate le parcours de ces groupes allemands, repérant leurs influences et leur descendance. Il retrace l’itinéraire de quelques personnages clés (producteurs, ingénieurs du son, enseignants). Il présente une vue transversale des principaux labels discographiques qui ont diffusé ces productions hors normes.

Revue de presse

- Le grand virage krautrock de Bowie Grégory Schneider Libération // Next 11 janvier 2016
- Au-delà du Rock Christophe Schenk L'Hebdo (Suisse) janvier 2010
- Entretien Site alter1fo février 2010
- Au-delà du Rock Philippe Lacroix Ventilo octobre 2009
- La bibliothèque du fan de Krautrock sélection de Leona Böhm und Charlotte Richter-Kiew Arte août 2008
- Au-delà du Rock François Gorin Télérama newsletter 21 Juin 2008
- Des kraut sur la moquette Mathieu Arbogast arbobo.fr juin 2007
- Au-delà du Rock Julien Welter Magic juin 2007
- Au-delà du Rock Jean-Marc Grosdemouge Site M-la-Music.net août 2007
- Au-delà du Rock Traverse

- Le grand virage krautrock de Bowie

À la fin des années 70, l’artiste lâche son Thin White Duke et passe la frontière allemande pour produire notamment les albums Low et Heroes.

Difficile de savoir quand l’idée d’aller régénérer son art dans la marmite krautrock est venue toquer à l’esprit de David Bowie, d’autant que l’artiste, en représentation permanente à l’époque et aux prises avec l’héroïne, n’a jamais à notre connaissance levé le voile sur les coulisses du grand virage qu’il entreprit en 1976, lâchant le Thin White Duke de Station to Station pour se plonger dans les arcanes du son.

On peut cependant dire que, comme souvent chez lui, l’image et le style ont précédé la musique, fut-ce de manière superficielle et maladroite. Fasciné par le modèle de communication nazi, il commence par le comparer à la manière dont les maisons de disques vendent les rock stars : tout le monde lui tombe dessus, mais Roger Waters ne dira pas grand-chose d’autres quand il écrira son grand œuvre, The Wall, pour les Pink Floyd, en 1982. Bowie aura d’abord une approche esthétique de la geste kösmisch : des chansons sans début ni fin, sans objet non plus, qui semblent flotter dans l’air comme les brumes de chaleur au-dessus du bitume écrasé par le soleil.

Version bêta

Bowie avait besoin d’un passeur, Brian Eno sera celui-là : l’ex-saboteur en chef de Roxy Music fait à l’époque de fréquents allers-retours à Frost (Basse-Saxe), où il collabore avec le duo électronique Cluster ainsi qu’avec Michael Rother, la moitié de Neu!, le groupe qui a lancé le style Motorik – une récurrence de motifs simples dans un environnement sonore quasi constant, une sorte d’équivalent sonore de ce que serait un voyage en voiture sur une autoroute dégagée. S’il vit officiellement en Suisse à l’époque, Bowie, toujours accompagné d’Eno, passe le plus clair des années 1976 et 1977 aux studios berlinois Hansa, aux studios Musicland de Munich ainsi qu’au château d’Hérouville en France. Où il s’offre une sorte de version bêta en produisant l’album The Idiot d’Iggy Pop. C’est sur la deuxième face (“Dum Dum Boys”, “Mass Production”) que Bowie fait porter son effort, avec de longues traînées synthétiques qui prennent le pas sur le propos, comme si le paysage absorbait l’action.

Quasi simultanément, il entreprend l’enregistrement de Low, un vrai risque commercial à son échelle, même s’il essaie de ménager la chèvre et le chou : une première face purement pop (avec un tube, Sound and Vision) censée emmener le public vers une deuxième moitié d’album plus risquée, où l’objet narratif a complètement disparu (Warsawa), laissant la place à des strates sonores devant tout à l’électronique.

Les fans de krautrock auront du mal avec sa démarche : Bowie extirpe les aspects les plus immédiatement séduisants de la kösmisch (les gimmicks remplaçant la mélodie, l’ampleur naturaliste) et la débarrassant de cette rage interne sous-tendant une scène allemande portée par l’idéalisme et l’extrême gauche. On peut à l’inverse dire qu’il a ouvert une porte sur l’underground : à charge pour le public anglo-saxon de l’ouvrir ou non.

Avant-garde

Bowie enchaînera dans la même veine avec Heroes, dont le morceau-titre est une resucée du “Silver Cloud”, un énorme carton commercial de La Düsseldorf (le groupe de Klaud Dinger, ex- Neu!) en Allemagne. D’après Éric Deshayes, auteur d’une remarquable encyclopédie du krautrock (1) Bowie envisage un temps d’embaucher l’autre moitié de Neu!, Michael Rother. L’affaire ne se fera pas mais l’Anglais Robert Fripp, un habitué, lui fera ces notes allongées de guitare qui figurent la signature ultime de la kösmisch.

Bowie passera à autre chose dès Lodger (1979), même s’il l’enregistre aussi à Berlin. Il y a gagné pour longtemps une aura d’innovateur sans doute excessive. Mais là comme ailleurs, sa faculté de toucher le grand public avec des éléments d’avant-garde a fait de lui un artiste à part.

(1) Au-delà du rock, éditions Le mot et le reste

Lire l’article sur le site de Libération

Grégory Schneider
Libération // Next 11 janvier 2016

- Au-delà du Rock
L’Hebdo
Christophe Schenk
L'Hebdo (Suisse) janvier 2010

- Entretien
alter1fo.com
Site alter1fo février 2010

- Au-delà du Rock

Sorti au printemps dernier mais retardé à la chronique afin que l’on s’y consacre pleinement (belle excuse en bois), cet ouvrage fort bien documenté sur « la vague planante, électronique et expérimentale allemande des années 70 » se pose comme une nouvelle pièce de choix issue de la collection Formes, éditée par Le mot et le reste. Car à y bien réfléchir, elle fait le lien entre le précédent ouvrage de Philippe Robert (Rock, pop, un itinéraire bis) et celui qu’il sort ces jours-ci en collaboration avec le GRIM (Musiques expérimentales, une anthologie transversale) chez la même maison d’édition phocéenne. Soit un document qui recense les différents acteurs de ce courant communément appelé krautrock, décisif dans l’évolution de la musique pop européenne (de la new-wave à la techno) par sa capacité à la pousser dans des contrées jusque-là inexplorées. L’auteur, qui gère de sa Bretagne natale un webzine spécialisé, connaît son affaire, suffisamment pour faire d’Au delà du rock un pendant très honnête au réputé Krautrocksampler de Julian Cope.

Ventilo

Philippe Lacroix
Ventilo octobre 2009

- La bibliothèque du fan de Krautrock

Eric Deshayes est le fondateur du site internet „Néosphères“, dédié au rock et aux musiques actuelles. Dans son ouvrage „Au- delà du Rock“, il offre au lecteur une plongée dans les années 70. Il présente le contexte historique avant de s’attarder sur les groupes de l’époque.
Le dernier chapitre retrace l’itinéraire de quelques personnages clés (producteurs, ingénieurs du son, enseignants) du mouvement Krautrock. II présente une vue transversale des principaux labels discographiques qui ont diffusé ces productions hors normes.

Arte

sélection de Leona Böhm und Charlotte Richter-Kiew
Arte août 2008

- Au-delà du Rock
Jusqu’à présent, le curieux ou l’amateur confirmé de rock allemand des années 70 n’avaient qu’une somme en anglais à se mettre sous la dent : le touffu Krautrocksampler du très allumé Julian Cope. Heureusement, le moins barré mais non moins érudit sur la question Eric Deshayes s’est fendu d’un épais volume retraçant l’épopée des Can, Kraftwerk, Tangerine Dream, Faust ou Amon Düül qui, non contents d’avoir fait planer nos ainés, ont profondément influencé le rock anglais, voire américain des années 80 à nos jours. Bref, de quoi pédaler allègrement dans le krautrock.
François Gorin
Télérama newsletter 21 Juin 2008

- Des kraut sur la moquette

Parfois je prends le temps de ne pas écouter 10 nouveaux disques dans la semaine, mais d’ouvrir… tenez-vous bien… attention, c’est pas courant, vous allez être surpris….. un livre.
Voilà, je l’ai dit, vous pouvez rigoler 5 minutes et revenir quand vous serez calmés, c’est bon, soufflez un bon coup tout va bien se passer.

(...)

arbobo.fr

Mathieu Arbogast
arbobo.fr juin 2007

- Au-delà du Rock
Dans une langue simple qui évite d’emprunter aux œuvres qu’il décrit leur structure alambiquée, Éric Deshayes s’attache à répertorier groupes, personnalités et labels emblématiques de cette vague sonique aux confluents du jazz-rock, du punk acide, du n’importe quoi et de l’avant-garde.
Julien Welter
Magic juin 2007

- Au-delà du Rock

Il y a à Sciences-Po Paris, rue Saint Guillaume, un amphi dédié à la mémoire d’André Siegfried, qui a décrit le vote en Bretagne selon le type de terroir, granit à droite, calcaire à gauche (les incrédules peuvent se reporter à la bio du monsieur). On se demande si une étude de ce genre n’est pas à entreprendre en matière de musique : après tout, ce n’est pas un hasard si la bossa nova est née à Rio et pas à Dusseldorf.
Quoi qu’il en soit, il existe en Allemagne une scène rock tout à fait particulière dont les représentants les plus connus s’appellent : Can, Neu !, Ash Ra Temple, Amon Düül, Faust ou Kraftwerk. Ils sont dans ce livre, en compagnie de formations plus obscures. Ce qui confirme que les éditions Le Mot et le reste, déjà responsable de Rock pop, un itinéraire bis en 140 albums essentiels (voir notre article) il y a peu est le contraire d’Allia, qui s’ingénie à publier des livres épais qui font la synthèse d’un genre entier (électro, rap, soul, new wave). Cette maison marseillaise se fait une spécialité de fouiller dans les marges du rock. Et Eric Deshayes, qui dirige le site internet Néosphères montre que cette scène pousse le rock dans une dimension cosmique, hypnotique ou robotique, ce qui devait forcément amener vers d’autres expérimentations, d’autres genres. Le rock se coupa ainsi en partie de ses racines américaines, pour s’en créer de nouvelles, europééennes celles-là, et elles sont encore vivaces puisqu’elles viennent d’inspirer Turzi, qui le revendique sur son récent album, “A”. Et quand on écoute les Ecossais Mogwai, leur son a bien plus à voir avec cette musique européenne jusqu’auboutiste qu’avec les bluesmen noirs du delta du Mississipi.

M-la-Music

Jean-Marc Grosdemouge
Site M-la-Music.net août 2007

- Au-delà du Rock

Bienvenue dans un autre monde, dont Au-delà du rock se fait le guide attitré, et d’autant plus recommandable qu’il a été redigé par un spécialiste du genre qui n’est autre qu’Eric Deshayes, créateur du site interne NEOSPHERES et accessoirement contributeur à TRAVERSES pour lequel il avait rédigé un article sur ce kraut au-delà-du-rock qui a en quelque sorte servi de déclencheur. C’est cette fois à une véritable encyclopédie que l’auteur s’est attelé mais dont la présentation a été aérée par un découpage scrupuleux qui évite d’avoir affaire à un «pavé » aux chapitres interminables. En dépit de ses 450 pages l’ouvrage est donc d’une lecture aisée d’autant que le style choisi ne s’embarrasse guère de fioritures au risque de paraître parfois un peu trop sec et manquant de « liant ». (…)

Au delà du rock met ainsi en évidence les liens et ramifications qui ont pu exister entre les événements, les lieux, les artistes les labels et les producteurs et il ne faut donc pas s’étonner de voir évoqués à plusieurs reprises certaines anecdotes ou faits historiques ou même certains disques. Après tout la répétition est à la base de toute pédagogie et l’histoire du mouvement électro-expérimentalo-planant allemand est avant tout celui d’une grande famille à la généalogie aussi foisonnante que passionnante. Tout à la fois encyclopédie mine d’or et jeu de pistes, cet ouvrage est un opulent manuel auquel le-s amateurs se référeront souvent.

Traverse
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