Parution : 07/01/2021
ISBN : 9782361396879
158 pages (14,8 x 21 cm)

Tordre la douleur

“Un roman fort, écrit d’une plume incandescente qui raconte la vie de personnages en proie à de douloureuses aventures intérieures et qui affrontent leurs démons en un huis clos fascinant.”

Alain Bosmans, Le Dauphiné libéré

Ce qu’en pensent les libraires :

“Entre ronds-points et montagne, accident, deuil et consolation, voici le nouveau roman d’André Bucher, avec une analyse psychologique fine et tendre des personnages. On peut tordre la douleur et retrouver la sérénité et l’amour. Un – presque – roman feel good !”
Corine, Librairie Polinoise (Poligny)

“On a le plaisir de retrouver son univers, son écriture et son engagement.”
Christian, Librairie Nouvelle (Voiron)

Étonnant, que ce nouveau roman d’André Bucher ! S’il rompt, par son lien avec l’actualité, avec ses précédents, on y retrouve sa poésie qui accompagne ses personnages et sublime la nature. Encore une fois, il nous livre un roman à la fois beau et tendre. Encore une fois, il reste un des auteurs chouchou de la librairie !
Agnès, Librairies des Thermes (Bagnères-de-Luchon)

“La grande joie de retrouver l’écriture d’André Bucher.”
Bertrand, Librairie des Marais (Villefranche-sur-Saône)

Tordre la douleur est une ode à notre espace commun, à nos strates de vie, nos rides, nos imperfections, nos douleurs, notre résilience, nos combats. André Bucher y chante ses gens et sa terre, ses creux, ses bosses, son aridité, son embrassement, son arôme; Tordre la douleur est un roman à la fois humble et puissant, avec cette pointe de suspense et de tension « à la » Ron Rash, ce qui n’est vraiment pas pour me déplaire.
Fanny, Librairie Le Grenier (Dinan)

Bernie et sa femme ne se remettront pas de la mort soudaine de leur fils. La douleur, insubmersible, a eu raison de leur histoire. À quelques encablures de là, Sylvain et Élodie jouent de malchance lors des premiers remous du mouvement des
 gilets jaunes: dans un accès 
de panique, cette dernière a mortellement renversé la mère
 du jeune garagiste, qui devra lui aussi composer avec le deuil. Plus bas dans la vallée, Édith fuit vers l’inconnu. Son compagnon a levé une fois de trop la main sur elle mais le hasard la mènera sur la route de Bernie, ermite devenu sauveur. Dans ce nouveau roman, André Bucher déploie 
une galerie de personnages, 
unis dans le chagrin lors d’une éprouvante période hivernale, où la douleur des êtres fait écho à celle des arbres. Mais le hasard des chemins des Alpes-de-Haute-Provence les rassemblera, leur offrant un espoir de guérison, une chance de tordre la douleur.

Revue de presse

- Tordre la douleur Anne Morin La Cause Littéraire 23 mars 2021
- Tordre la douleur Daniel Rolland Culture hebdo mars 2021
- Tordre la douleur Daniel Raphalen Alternantes FM / Voyage au bout du livre 6 mars 2021
- Tordre la douleur Jean-Pierre Tissier Blues et Polar 4 mars 2021
- Interview d'André Bucher Alexandre Halliez Radio Libertaire 2 mars 2021
- Tordre la douleur Bibliothèque de Bracieux Bibliothèque de Bracieux 9 février 2021
- Tordre la douleur Noé Gaillard Daily Passions 13 février 2021
- La rentrée des auteurs Auvergne Rhône Alpes Livre et Lecture Auvergne Rhône Alpes Livre et Lecture 4 février 2021
- Tordre la douleur Flore Delain En lisant, en écrivant 8 février 2021
- Tordre la douleur Josiane Chériau Radio Zinzine Limans février 2021
- Tordre la douleur : une empathie qui serre le coeur Le Télégramme Le Télégramme 27 janvier 2021
- Pour panser la douleur, il y a le temps et André Bucher Laure Ostwalt La Tribune 21 janvier 2021
- Tordre la douleur Dominique Lin Blog de Dominique Lin 23 janvier 2021
- Tordre la douleur Simone Tremblay La livrophage 20 janvier 2021
- Tordre la douleur Les notes Les notes 8 janvier 2021
- André Bucher regarde les hommes tomber et signe son dixième roman Alain Bosmans Le Dauphiné libéré 8 janvier 2021

- Tordre la douleur

C’est une voix bourrue, rude, brute, en accord avec le paysage de montagne et les rapides changements de temps, qui se fait entendre, qui s’élève et s’adoucit pour conter de petits faits, de petites existences brisées par le quotidien, par le cours des choses, ce qu’on n’attend pas, ce qu’on ne supporte plus… un trop-plein d’injustice, de minuscules gouttes qui font déborder le vase ou d’un raz-de-marée brisant une existence… la vie à vif, qui décape.

C’est une série de faits divers advenus à des personnages qui ne se connaissaient pas, et qui se rencontrent, un destin commun, comme on dit un pot commun, de brindilles ballottées.

La voix des hommes se mêle, sans la reconnaître, sans se reconnaître, à celle de la nature, la re-lisant, l’accompagnant parfois sans la déchiffrer : « La neige, cette douceur sourde surgie de la nuit assiégée, attisée par le vent, se durcissait à vue d’œil et en propulsant ses cristaux à l’horizontale, elle leur fouettait le visage » (p.122).

*Ce sont quelques vies qui se croisent, qui n’auraient pas dû être là au moment où*… à la survenue de faits plus ou moins petits, qui s’entrechoquent : une mort accidentelle, une mort « bête » comme on le dit de toutes, une rencontre fortuite : des vies mises en morceaux par la disparition d’un être cher : le fils de Bernie, la mère de Sylvain, une femme battue qui fuit, et par toutes ces déchirures se laisse entrevoir aussi la trame d’une autre vie, un espoir, un après.

Et tout au long, un chien qui suit les événements, dont on ne sait pas bien à qui il appartient, comme un témoin, un fil conducteur : « Et ce chien auquel tout d’abord nul ne prête attention ni ne sait d’ailleurs à qui il appartient. Ce chien qui se couche devant la civière et se met à gémir » (p.36), « (…) il avait à nouveau rencontré ce chien qui dans un étrange mimétisme, se livrait au même manège sur le théâtre de l’accident » (p.74). C’est aussi au chien qu’on demande : « Doit-on tendre ou tordre la douleur ? » (p.102).

Faisant écho, la voix du narrateur s’adoucit à la misère et au malheur, c’est lui qui donne à la nature son viatique d’apaisement, ainsi des arbres : « Confronté à cette complainte si proche du murmure, Bernie estimait que seules des oreilles délicates, en prise directe avec le cœur, étaient capables et dignes de l’entendre » (p.84).

Quel est le sens de la douleur ? Quelle est la résistance de l’homme face à ce qui survient ? Comment continuer quand on se retourne… ? Peut-être, si et seulement si, et encore peut-être on est éveillé : « Elle huma l’air et son odeur singulière. Les fruits en coton de la neige se répandaient à nouveau sur la plaine comme un doux duvet sur une blessure » (p.152).

Retrouvez la chronique sur La Cause Littéraire

Anne Morin
La Cause Littéraire 23 mars 2021

- Tordre la douleur

André Bucher sait que le passage terrestre sera ardu. Ce qu’on a oublié de vous prévenir à votre naissance. Il le montre bien dans son dixième roman Tordre la douleur. En période hivernale, il nous présente un panorama de gens qui connaissent entre autres l’épreuve de la mort. Le poète l’a dit, elle a des douleurs à nulle autre pareille. C’est un ouvrage qui chevauche la nouvelle et le roman. A la différence que les personnages vont se retrouver à la fin dans les Alpes-de-Haute-Provence. L’occasion pour eux de tordre la douleur qui donne cette expression au titre. Donc se terminant sur une note d’espoir en raison de la solidarité dans l’affliction. Ceux et celles qui aiment les portraits psychologiques soignés seront ici comme dans une bonbonnière.

Une chronique à retrouver sur Culturehebdo

Daniel Rolland
Culture hebdo mars 2021

- Tordre la douleur

Aurélie et Daniel présentent : Brodway de Fabrice Caro (Gallimard), Le bazar du zèbre à pois de Raphaëlle Giordano (Plon), La vraie vie de Aline Dieudonné (Livre de poche), L’enfant parfaite de Vanessa Bamberger (Liana Levi), Nos corps étrangers de Carine Joaquim (La manufacture de livres) et Tordre la douleur de André Bucher (Le mot et le reste).

Une émission à réécouter sur Alternantes FM

Daniel Raphalen
Alternantes FM / Voyage au bout du livre 6 mars 2021

- Tordre la douleur

Destins d’hiver au cœur du Jabron.
La forêt est une entité enjambant les époques, et pour André Bucher qui s’y est niché depuis toujours pour cultiver son jardin, la Vallée du Jabron, austère, pentue, décharnée mais grandiose, représente pour lui comme un Grand canyon synonyme d’aventures et de destins ruraux. De ceux, qui entre garages improbables du bout du monde et cabanes peuplées de chouettes ou autres chauves-souris, font des films sublimes sur la nature. A l’image du merveilleux Into the wild de Sean Penn. Avec en toile de fond sonore, un vieil air de J-J Cale ou Léonard Cohen qui résonne. Mais dans ce paysage mystérieux où les cerfs et les toiles argentées par le froid céleste semblent descendre en rappel de la Voie lactée, il faut savourer chaque mot d’André Bucher comme une gourmandise.
Et se lire à haute voix – intérieurement – chaque phrase sculptée de ces mots charnus à l’envi pour s’en repaitre pleinement.
Car ici les intrigues sont avant tout montagnardes, même si la ville n’est pas loin sans pour autant convaincre si ce n’est le temps d’un verre (ou plus) au bistrot. On s’y accroche pourtant, rudement parfois, à la façon rugueuse des paysans, des solitaires, des chômeurs complotistes sur les bords qui chargent un peu trop sur le jaune, et des femmes, silencieuses, dociles ou rebelles dont la vie change un jour sur un coup de dés ou un coup de tête…
Le temps s’y déroule lentement au rythme des oiseaux qui piaillent, avec parfois le bruit d’une roche qui se brise en se détachant de la falaise ou celui d’un fusil qui claque dans la forêt et chasse l’intrus…
A quelques encablures du polar, André Bucher nous entraine toujours dans le même décor depuis des lustres, mais on ne se lasse pas de traverser les ruisseaux, les orages, les tempêtes de neige, les sous-bois moussus où les chanterelles font un tapis ocré, et suivre les pas de ces destins d’hiver qu’il dépeint si bien. Tel un peintre tenant une palette où les verts et les roux abondent, avec quelques touches de jaune pour donner la vie. « Que pouvait encore espérer le vieil homme, écrit-il. Sinon chanter le blues ? »

Une chronique à retrouver sur Blues et Polar

Jean-Pierre Tissier
Blues et Polar 4 mars 2021

- Interview d'André Bucher

André Bucher sera l’invité de Radio Libertaire pour parler de son roman Tordre la douleur.
Écouter l’émission

Alexandre Halliez
Radio Libertaire 2 mars 2021

- Tordre la douleur

Tordre la douleur quel joli titre qui nous annonce un livre à fleur de sentiment. L’expression c’est à fleur de peau mais sentiment est plus parlant je trouve.
André Bucher je me souviens d’une rencontre dans une bibliothèque voisine il y a quelques années. Un homme étonnant, au plus près de la nature. Bernie on se dit que c’est lui lorsque l’on voit sa photo. En tout cas c’est sa région, ses montagnes, ses arbres et cette grande connaissance d’un monde assez mystérieux pour les citadins.
Destins croisés de quelques personnages qui ont en commun cette douleur qu’il faudra bien extirper pour continuer à vivre et sous fond de combat social, ah ces gilets jaunes que l’on rencontrent souvent dans les romans. C’est un témoignage utile quand on aura oublié ou que l’on ne pourra plus supporter d’entendre comment à été déformé leur combat.
Bernie c’est le personnage central, on suivra son parcours dans cette montagne hivernale, on l’écoutera parler des arbres, des animaux, du vent et de la neige… Rude, courageux, droit il prendra soin d’Edith, trouvé sur une route. L’autre histoire c’est celle d’un “gamin” des ronds-points dont la mère vient d’être tuée lors d’un barrage. Un roman dont les personnages se font échos avec une force touchante.
André Bucher a une écriture poétique, qui nous met au coeur de ces paysages. Militant ce sorte d’ermite sans concession est un sacré observateur qui a su placer ses personnages dans une histoire qui fait sens.
Sinon j’ai beaucoup aimé comment il parle de notre président actuel, un petit coup de griffe bien utile. Ce livre n’est pas qu’un nature writing.

Bibliothèque de Bracieux
Bibliothèque de Bracieux 9 février 2021

- Tordre la douleur

Je n’ai pas trouvé de nom d’auteur pour le cliché en couverture et j’aurais voulu féliciter celui ou celle qui l’avait choisi pour si bien illustrer ce court roman contemporain. J’insiste sur contemporain parce que le point de départ en est un accident survenu sur un rond-point occupé par des « Gilets Jaunes » (souvenez-vous c’était il n’y a pas si longtemps : des manifestations de colère en France). Une jeune femme pressée de retrouver sa fille malade avait tué une brave femme.

Là, l’auteur imagine le rapport qui s’établit, d’une part, entre cette jeune femme et les deux enfants adultes de la morte et, d’autre part, celui qui s’installe entre un « vieux solitaire » que sa femme a quitté suite au décès de leur fils (de quarante-deux ans) et une femme serveuse de restaurant, compagne du restaurateur, qui s’est enfuie après avoir subi des coups de trop.

Nous sommes loin de la ville en pleine montagne (Alpilles), un peu au cœur de l’hiver pour des personnes malmenées par la vie. Les personnages sont simplement des personnes comme celles que l’on peut croiser dans nos vies. Des personnes qui cherchent juste à échapper à ce qui les coince. Et l’auteur nous dit – je crois – que ce qui nous bloque c’est l’absence de rapport au « vrai ». Notre oubli de la relation à la nature celle avec un grand N comme celle de l’humain… Et il place sur le chemin des personnages une biche et un labrador…

C’est finement écrit pour notre très bon plaisir de lecture… et notre capacité à nous émouvoir. Mais ce n’est pas mélo pour autant… Une lecture de coin du feu pour se réchauffer l’âme.

Une chronique à retrouver sur Daily Passions

Noé Gaillard
Daily Passions 13 février 2021

- La rentrée des auteurs

La Rentrée littéraire d’hiver se réinvente à son tour. Du 1er au 10 février 2021, retrouvez les auteurs d’Auvergne-Rhône-Alpes en ligne. 2 vidéos seront publiées chaque jour, à 12h et à 17h, pour vous présenter la diversité de la création littéraire de la région. Les 16 auteurs s’entretiennent avec Danielle Maurel, journaliste et critique littéraire, et vous présentent leurs nouvelles publications. A regarder en ligne sur la chaîne Youtube et la page Facebook d’Auvergne-Rhône-Alpes Livre et Lecture, puis à retrouver en librairie, bien sûr.

La présentation d’André Bucher est à revoir sur Youtube

Auvergne Rhône Alpes Livre et Lecture
Auvergne Rhône Alpes Livre et Lecture 4 février 2021

- Tordre la douleur

Trois faits divers, trois éclats de vie. Par hasard, par le mouvement imprévisible des ricochets, ces trois trajectoires vont se rencontrer.

Bernie et sa femme ont perdu leur unique enfant. Il n’était ni très jeune, ni très malade, il a tout simplement fait un malaise et il s’est écroulé. Annie et Bernie n’ont jamais pu reconstruire leur vie commune, la mort de leur fils a eu raison des 43 ans passés ensemble. Désormais, leur existence endeuillée ne trouve plus la solidarité nécessaire et ils vivent sur des orbites différentes, s’éloignant l’un de l’autre chaque jour un peu plus. Rien ne les relie plus, les souvenirs communs sont trop pénibles et douloureux pour être vécus à deux.
[...]

Comment survivre à la mort d’un proche, à celle qu’on a malgré soi donnée ou qui vous menace ? Comment survivre et prendre soin des autres malgré le chagrin et la solitude ?

Chacun va trouver en lui une façon de se reconstruire et d’aimer à nouveau, la force de tendre la main, de faire confiance et de surmonter son traumatisme pour aller vers un lendemain.

Très beaux personnages plein d’une force insoupçonnée, que l’amour des autres répare doucement.

Une chronique à retrouver en intégralité sur le blog En lisant, en écrivant

Flore Delain
En lisant, en écrivant 8 février 2021

- Tordre la douleur

Josiane Chériau a lu et aimé Tordre la douleur et en parle dans l’émission “Un livre, un jour” sur Radio Zinzine Limans.

Retrouvez la page de la radio

Josiane Chériau
Radio Zinzine Limans février 2021

- Tordre la douleur : une empathie qui serre le coeur

Des personnages cabossés que le récit ramasse sur le bas-côté de la vie, des histoires d’amour un peu ébréchées et la montagne pour théâtre de ces dialogues de la vie et de la mort, où l’Homme, en toute humilité et en pleine humanité, se met au diapason de l’éclat de la neige, des fulgurances du vent glacé et de la majesté des arbres.

Les livres d’André Bucher se ressemblent, ils font « famille », mais comme dans toute fratrie, chacun a sa personnalité. Cette fois, ce sont des parents orphelins, des mamans solitaires et des enfants abandonnés par la cruauté de l’existence qui promènent leurs silhouettes désenchantées dans ce roman clair et simple écrit sur fond de « déclassement social », de gilets jaunes et de quotidien pas toujours folichon. Mais il n’y a ici, ni complaisance, ni misérabilisme. C’est avec fierté et dignité que les mots regardent le lecteur, l’incomparable « petite musique » d’André Bucher faisant une nouvelle fois danser les phrases.

Écrivain-né et bûcheron de métier, il publie ici son dixième roman, et nous administre une fois encore son remède, cette potion littéraire (avouons-le assez magique) où se mélangent esprit anarcho-libertaire, connaissance profonde de la nature, qu’il décrit une nouvelle fois comme peu savent le faire, et un amour de l’autre, des femmes en particulier, une empathie qui serre le cœur. Du haut de ses 75 ans et depuis les cimes de la Drôme, du côté de Montfroc, il est notre « école du Montana » à lui tout seul, un petit cousin du XXIe siècle de Giono, Ludovic Massé, Ramuz ou Mario Rigoni Stern. Après avoir lu « Tordre la douleur », – qui nous donne une furieuse envie de nous replonger dans « Le pays qui vient de loin », « Déneiger le ciel » ou « À l’écart » – on a du mal à redescendre. L’ivresse des sommets, probablement…

L’éditeur Le mot et le reste publie, en parallèle de ce nouveau texte, l’édition en poche de « La cascade aux miroirs » qui, une fois n’est pas coutume, se déroule en Camargue.

La chronique est à retrouver sur Le Télégramme

Le Télégramme
Le Télégramme 27 janvier 2021

- Pour panser la douleur, il y a le temps et André Bucher

«Un roman à l’architecture qui tient debout»
André Bucher de Montfroc (26) vient de sortir son dernier roman chez Le mot et le reste. L’architecture de «Tordre la douleur» ressemble à un arbre et déploie les branches de son histoire
[...]

La nature est un personnage à part entière et puissant dans vos romans. Quel rôle lui attribuez­vous dans « Tor­dre la douleur » ?
Dans mon livre précédent ­ « Un court instant de grâce » ­ la nature était en danger à cause d’un projet de centrale à bio­ masse,mon roman était plus mi­litant. Là, il se situe en 2018 mais j’anticipe la tempête de 2019, la forêt est menacée par les dégâts de la neige, et ses conséquen­ces, sur les arbres. Pour moi, c’est intimement lié entre les êtres et les éléments naturels, je ne veux pas disso­cier.
[...]

Votre écriture si poétique donne de la chair aux éléments. D’où vous vient cette faculté de traduire les paysages ?
Étant installé depuis 1975 dans la vallée du Jabron, j’ai eu tout loisir de les parcourir en y vivant, travaillant, plantant… De ressentir aussi, et de déve­lopper l’imaginaire. J’écris dans la nature et non pas sur la natu­re. Je fais un gros travail sur les métaphores. Avec la nature, on peut som­brer dans les clichés, même Giono parfois, il faut faire très at­tention. C’est un travail contem­platif, sensoriel avec pour enjeu ensuite d’arriver à retransmet­tre.
[...]

Comprenez­-vous qu’on dise que vous êtes l’une des voix les plus singulières de la littératu­ re française ?
Ce n’est pas complètement faux, et c’est plutôt un compli­ment. Il faut se méfier des éti­quettes, mais ce n’est pas sim­plement un argument éditorial ni du marketing, je ne le ressens pas comme ça. Et les lecteurs me disent qu’ils ne trouvent pas ailleurs des romans comme les miens, c’est la meilleure récom­pense.

Une interview parue dans La Tribune

Laure Ostwalt
La Tribune 21 janvier 2021

- Tordre la douleur

Ce 10e roman d’André Bucher rompt avec les précédents, tout en gardant la prose poétique de l’auteur pour chanter la nature.
Le ton du livre est donné par le titre, renforcé par le tronc noueux de la couverture teintée de vert, et confirmé par le résumé de l’éditeur.
[...]
Le destin de ces personnages va tisser des rencontres entre regrets et espoirs, douleur et résilience.

Cette fois-ci, André Bucher « descend de sa montagne » pour aborder la situation sociale et politique, égratignant au passage nos dirigeants et le système actuel. Il aborde ici plusieurs sujets sociaux, tels que la révolte des gilets jaunes, le deuil prématuré et la maltraitance des femmes. Il ne s’arrête pas au malheur, mais poursuit vers la reconstruction et sa réussite grâce aux rencontres, à l’acceptation, à l’entraide.

En lisant le résumé, j’avais peur de tomber dans le glauque dont pas grand monde n’a envie en ce moment… mais l’auteur a su éviter le piège du pathos. Chaque personnage est bien planté (normal pour un forestier) et le jeu d’assemblage des caractères est finement ciselé dans leur évolution. Le titre est un peu fort et risque de repousser, alors qu’en réalité, cette histoire est lumineuse, partant du quotidien, malheureusement ordinaire pour certains, pour s’ouvrir, offrant à chaque personnage un peu de lumière.

Par certains aspects, j’ai trouvé ce roman plus ouvert que les autres où jalousie, rancœur, sournoiseries, secrets de famille et règlements de comptes habitaient les montagnes, et ayant sur moi une tendance à me sentir enfermé dans la forêt et les comportements ancestraux de paysans bourrus.
Cela ne m’empêchait pas d’apprécier l’écriture poétique d’André que l’on retrouve ici beaucoup plus aérienne, plus fluide encore, comme dépouillée malgré le poids de l’histoire.

Derrière un aspect sombre, une histoire lumineuse et très humaine… un nouvel André Bucher à découvrir.

Une chronique à retrouver sur le blog de Dominique Lin

Dominique Lin
Blog de Dominique Lin 23 janvier 2021

- Tordre la douleur

Ma première lecture d’André Bucher, ce fut « Le cabaret des oiseaux », un pur enchantement d’une intense poésie. Ce fut un gros coup de cœur, et j’ai aimé ensuite « Le pays qui vient de loin » et « Pays à vendre ». Ce dernier je lui ai acheté lors d’une dédicace à la Maison de la Presse de St Chély d’Apcher, pour une foire dans le village. Comme lui, j’aime ces régions propices à la poésie, à la contemplation de paysages; il vit dans la vallée du Jabron. Vous trouverez facilement des topos sur son parcours atypique et sur sa vie.

En tous cas, j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver dans ce court roman ce qui m’a tant plu chez lui, à savoir son talent à parler de la nature ( et j’éviterai de parler de « nature writing », même si on retrouve chez cet écrivain les thèmes de cette veine littéraire américaine, l’échelle et les points de vue diffèrent ), c’est ce que je préfère dans ses livres. Je crois que j’aimerai lire un texte de lui sans présence humaine – s’il en existe un, je suis preneuse  ! -. Néanmoins, André Bucher sait faire de très beaux portraits et ici j’adore Bernie; il est pour moi, humainement, le résultat du chagrin et de l’amour, amour vécu, perdu, chagrin installé mais pansé vaille que vaille par une vie dans les montagnes, entouré de nature; Bernie donne vie aux pages que j’ai préférées.

[...]

Tous ces personnages vont interagir de près ou de loin, jusqu’à une fin lumineuse et réconfortante. Une fin qui laisse se dégager l’horizon des personnages, une autre vie, un autre lieu et d’autres espoirs.

Il en faut, du réconfort, car l’histoire se déroule en hiver, l’auteur évite ainsi l’image prévisible de la Haute Provence en été, la présentant plutôt dans sa réalité nue et crue de la mauvaise saison.
Et puis ça met en phase le décor et les humeurs des personnages, touchés par le chagrin, le deuil, la colère, le désir de vengeance, mais aussi la soif d’amour et de réconfort. Bernie sait donner de la compassion et de l’amitié autant aux êtres qu’aux arbres en souffrance, c’est en cela qu’il est mon préféré. Il offre un répit, une attention désintéressée. J’aime Bernie. Il fait à lui seul de ce livre un livre plein d’amour.

C’est un très beau livre, rugueux parfois et en même temps très sensuel, André Bucher traite ses personnages avec respect, tendresse et tient à distance les malfaisants d’une plume ferme sans haine stérile.

Lecture qui enveloppe la lectrice, ça se lit d’une traite.

La chronique est à retrouver en intégralité sur La livrophage

Simone Tremblay
La livrophage 20 janvier 2021

- Tordre la douleur

En 2015, après 43 ans de vie commune, Annie et Bernie se séparent. Leur mariage n’a pas résisté à la terrible épreuve du décès de leur fils un an auparavant. En 2018, quelque part dans les Alpes-de-Haute-Provence, alors que commence en France le mouvement social des Gilets Jaunes, Bernie croise par hasard Sylvain, un trentenaire militant dévasté par la mort de sa mère tuée accidentellement, sur un rond-point occupé, par Élodie. Édith, enfin, fuyant son compagnon violent, va, elle aussi, trouver Bernie sur son chemin.

Est-il possible de survivre à des événements aussi douloureux ? Le roman, inspiré de faits réels, dissèque différentes manières de souffrir puis de « tordre » la douleur. Peut-être aurait-il pu aller plus loin dans l’analyse du chagrin et de ses corollaires, la révolte ou la rancœur. Il use de quelques facilités aussi dans le lien tissé entre les personnages et dans les considérations sociétales qui les accompagnent sans évidente nécessité. Adouci par la douceur poétique de ses descriptions, au risque parfois de la « jolie phrase », le récit reste néanmoins poignant, faisant vibrer à l’unisson la nature et les personnages humains. Sombre au premier abord, ce roman se révèle finalement porteur d’un message lumineux et cicatrisant ! (C.H. et C.B.)

Une chronique à retrouver sur Les notes

Les notes
Les notes 8 janvier 2021

- André Bucher regarde les hommes tomber et signe son dixième roman

Écrivain-paysan des moyennes montagnes, du sud de la Drôme où il a pris voilà 10 ans sa retraite d’agriculteur, André Bucher poursuit à Montfroc une brillante carrière d'écrivain en publiant aujourd’hui un dixième roman « Tordre la douleur », aux éditions « Le mot et le reste ».
Ce dernier opus est un de ces romans noirs, mélancoliques et douloureux que l’auteur nous a
habitués à aimer. Un roman fort, écrit d’une plume incandescente qui raconte la vie de personnages en proie à de douloureuses aventures intérieures et qui affrontent leurs démons en un huis clos fascinant.

Bernie et sa femme ne se remettront pas de la mort soudaine de leur fils. Sylvain et Élodie jouent de malchance lors des premiers remous du mouvement des gilets jaunes. Édith fuit vers l’inconnu,
après que son compagnon ait levé une fois de trop la main sur elle. Le hasard la mènera sur la route de Bernie, ermite devenu sauveur à travers lequel on croit reconnaitre l’auteur.

*Une fois de plus, avec sa langue rocailleuse et sonore, André Bucher nous envoûte d’une
dramaturgie particulièrement sombre.* En mettant à l’épreuve, lors d’une redoutable période
hivernale des êtres que rassemblent le chagrin, la solitude et la tendresse, l’auteur nous offre un roman sur la résilience. L’affliction des êtres fait écho à la nature sauvage, rude et belle des chemins de haute Provence, leur offrant un espoir de guérison, une chance de tordre la douleur.
« Tordre la douleur » est un roman qui se lit d’une traite, comme un polar, comme on écoute un morceau de blues. A déguster sans modération !

Cette chronique est à retrouver dans Le Dauphiné libéré

Alain Bosmans
Le Dauphiné libéré 8 janvier 2021
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