Parution : 02/01/2020
ISBN : 9782361391799
208 pages (14,8 x 21 cm)

Le Sourire du scorpion

L’écriture de Patrice Gain, par sa puissance de suggestion, rend magnifiquement la beauté des paysages, mais aussi leur rudesse, leur violence parfois. La nature n’est pas idéalisée. Elle peut être menaçante. Voire terrifiante…

Michel Abescat – France Inter // Le polar sonne toujours deux fois

C’est décidé, Tom, sa sœur jumelle Luna et leurs parents descendront le canyon de la Tara en raft. Une belle étape de plus dans leur vie nomade. Pourtant, malgré les paysages monténégrins époustouflants, la complicité familiale et la présence rassurante de Goran, leur guide serbe, la tension envahit peu à peu le canyon et le drame frappe, sans appel. Du haut de ses quinze ans, Tom prend de plein fouet la violence du deuil et de la solitude. Dans l’errance qu’engendre le délitement de sa famille, il découvre la grande douleur, celle qui fissure les barrières et brise toute lucidité, ouvrant les portes à ceux qui savent s’engouffrer dans la détresse des autres. Mais, en dépit du chaos qui lui tient lieu de vie, Tom ne peut s’empêcher de retracer les événements et le doute s’immisce : ne sont-ils pas les victimes d’une Histoire bien plus grande que la leur ?

Revue de presse

- Le coup de cœur du libraire Géraldine Petry L'Est républicain 19 janvier 2020
- Le Sourire du scorpion Michel Abescat France Inter // Le polar sonne toujours deux fois 16 janvier 2019
- Trois polars aux frontières de la peur Christine Ferniot & Michel Abescat Télérama // Cercle Polar 10 janvier 2020
- Le Sourire du scorpion Guillaume Chérel La Grande Parade 19 décembre 2019
- Le Sourire du scorpion LauLo Évadez-moi 2 janvier 2020
- Le Sourire du scorpion Christelle Salvan Dealer de lignes 2 janvier 2020
- Le Sourire du scorpion Dance Flore Quatre sans Quatre 2 janvier 2020
- Coup de cœur des libraires Jean-Jacques Lester France Bleu Loire Océan 4 janvier 2020
- En passant par le Montenegro… Monica Nyctalopes 5 janvier 2020

- Le coup de cœur du libraire

À la librairie Le Hall du Livre, 38 rue Saint-Dizier à Nancy (54), Géraldine Pétry pressentait depuis déjà
quelques romans, comme « Denali » ou l’excellent « Terres fauves », que Patrice Gain était un auteur à suivre.
« Après le Montana et l’Alaska, c’est au Monténégro, et plus précisément au fond des gorges de la rivière Tara, que l’auteur nous entraîne avec délices et frissons. Les hauteurs et la nature, cet homme les connaît bien en tant que professionnel de la montagne et ingénieur en environnement. Sa plume, faussement légère, nous plonge dans un roman noir, très bien construit, où l’histoire des Balkans va changer le destin de cette famille venue faire du rafting dans ce lieu enchanteur. Une lecture terriblement prenante, car l’histoire ne cesse de monter en puissance et des personnages à la fois solaires, déboussolés, très touchants car indéniablement humains, font de ce roman une des belles découvertes de ce début d’année. »

Géraldine Petry
L'Est républicain 19 janvier 2020

- Le Sourire du scorpion

Le Sourire du scorpion, de Patrice Gain nous plonge dans de vastes paysages, au Montenegro, puis dans le sud de la France. On est entre polar et nature writing.

C’est une tendance assez forte aujourd’hui. Et là, c’est très réussi. Patrice Gain, qui est ingénieur en environnement et passionné de montagne, excelle à mettre en scène les paysages. A faire sentir leur présence et leur puissance. Le ciel, le vent, les oiseaux, les arbres… Ses personnages sont inscrits dans ces paysages, profondément liés à la nature et au monde sauvage.

En particulier Tom, le narrateur, un tout jeune homme qui se souvient événements qui se sont passés quelques années plus tôt, quand il avait 15 ans.

*L’écriture de Patrice Gain, par sa puissance de suggestion, rend magnifiquement la beauté des paysages, mais aussi leur rudesse, leur violence parfois. La nature n’est pas idéalisée. Elle peut être menaçante. Voire terrifiante…
Le roman va se construire sur cette tension.*

Dès les premières pages en fait. Patrick Gain installe une menace sourde, malgré l’apparente légèreté de ce qu’il raconte. C’est l’été, il fait très chaud. On est au bord d’une rivière, la Tara, dans le Montenegro. Une famille française très bohème, ils vivent dans un camion, s’apprêtent à descendre cette rivière en rafting. Le père, la mère et deux jumeaux, Tom, le narrateur et sa sœur Luna. Ils sont accompagnés d’un guide, qu’ils ont rencontré par hasard, Goran.

L’ambiance est très dynamique, on assiste aux préparatifs, mais la tension est évidente. La mère s’inquiète, elle a un mauvais pressentiment. Cette descente dans les rapides du canyon est trop difficile.

La présence de Goran auprès d’eux, mystérieuse, ambiguë, participe également de la tension.

Et bientôt l’aventure va tourner au drame. La météo change, des nuages noirs effacent le ciel et la pluie s’abat sur le canyon. On est alors à la limite de la littérature fantastique…

Extrait :

Nos bras brûlaient sous l’effort. Il y avait une désolante harmonie entre les éléments et l’état d’esprit qu’affichait notre mère. Des décharges électriques n’ont pas tardé à balafrer le ciel, suivies de déflagrations qui résonnaient en percutant les parois des gorges. Elles se chevauchaient, s’enroulaient pour ne plus former qu’un épouvantable carnage sonore. Le canyon tonnait son hostilité, sa sauvagerie, sa démesure. La pluie ne s’est pas fait attendre. Dense, brutale. Elle hérissait la surface de la rivière de milliards d’impacts. Le paysage n’était plus qu’obscurité et grondement. Nous étions dans la gueule d’un monstre.

La tension se maintient comme ça jusqu’au bout ?

Après cette première partie du roman, sans doute la meilleure, le récit s’installe quelques années plus tard. Le père n’est plus là, il a trouvé la mort dans le canyon. La mère et les deux jumeaux sont revenus en France. Et la tension change de nature, plus sourde, plus insidieuse. Tom doit faire face au chaos de sa vie, à l’absence de son père, à la fragilité de sa mère, à l’éloignement de sa sœur jumelle. Patrice Gain décrit avec subtilité l’évolution de chacun.

Peu à peu, un doute s’insinue, dans l’esprit de Tom, sur les événements du Montenegro. Que s’est-il passé exactement lors de l’accident de son père ?

La violence des hommes fait écho à celle de la nature, le roman s’engage sur une autre piste, historique et politique, qui prend Tom de court, lui qui vit au plus près de la nature, mais à l’écart du monde.

Difficile d’en dire plus, sinon que le dénouement est sombre, à l’image de cette citation de Jim Thompson, le maître du noir, que l’auteur cite en exergue de son roman : « On se dit que c’est un mauvais rêve. On se dit qu’on est mort soi-même, pas les autres, et qu’on s’est réveillé en enfer. Mais on sait bien que c’est faux. Les rêves ont une fin, et là, il n’y en a pas ».

Écoutez la chronique de Michel Abescat en podcast

Michel Abescat
France Inter // Le polar sonne toujours deux fois 16 janvier 2019

- Trois polars aux frontières de la peur

Christine Ferniot et Michel Abescat recommandent chaleureusement le nouveau livre de Patrice Gain dans le premier Cercle Polar de la rentrée. On y parle de son écriture, de sa science de la tension et de toutes les raisons qui devraient vous donner envie de lire Le Sourire du scorpion.

Visionnez les chroniques de Ferniot & Abescat sur la chaîne de Télérama

Christine Ferniot & Michel Abescat
Télérama // Cercle Polar 10 janvier 2020

- Le Sourire du scorpion

Ça commence légèrement, comme dans le film Délivrance, auquel l’auteur français, Patrice Gain, fait plusieurs fois allusion. Le Sourire du scorpion démarre sur une longue scène de rafting, dans un canyon, avec cinq personnages : une famille de quatre personnes (père, mère, et leurs grands enfants, un garçon, une fille) et le guide, Goran, dit « le yougo », un serbe au passé mystérieux… Un taiseux, un homme d’action, même, avec un scorpion tatoué dans le cou. Il a l’air de savoir ce qu’il fait. Il est gentil, efficace, serviable. Mais le danger menace, la tension règne, la mort rôde… On se demande où cet étrange récit va nous mener. Le malaise et les non-dits vont crescendo.

Le début du Sourire du scorpion, dont l’écriture est léchée, très maîtrisée, fait penser aux romans américains de nature writing, un genre très prisé, publié chez Gallmeister, comme Sukkwan Island, de David Vann. Celles et ceux qui ont lu ce roman noir, plus proche de Stephen King que de Jack London, comprendront qu’il s’agit ici un compliment. C’est un grand roman, prenant, angoissant, qui mêle le fameux « appel de la forêt » (en Alaska) aux relations familiales complexes, entre un père (déprimé) et son fils (ultrasensible). Récemment, Sauvage, le premier roman de Jamey Bradbury, toujours chez Gallmeister, allait également dans cette direction : call of the wild, huis-clôt psychologique, violence, suspense et… poésie littéraire, grâce à un style soutenu.

Tout ça pour dire que si Le sourire du scorpion avait été publié par un ressortissant américain, chez un éditeur à la mode, on crierait au génie. Or, Patrice Gain est français, né à Nantes en 1961, et son éditeur, Le mot et le reste, est marseillais. L’action se passe dans le Causse, où il y a des loups, des bergers et donc des moutons, qui se font égorger. Mais revenons à notre histoire de rafting. Tom, le jeune narrateur, et Luna, sa sœur, sont ravis de descendre le canyon de la Tara en raft, avec leurs parents. C’est l’été, et ce ne sera qu’une étape de plus dans leur vie de nomades. Car, peu à peu, on comprend que leurs parents sont des « baba-cool », comme on disait avant, post-hippies, écolos « zadistes », un peu en galère, à la marge : ils boivent, fument, sont instables. Du haut de ses 15 ans, Tom ne sent pas en sécurité, il a toujours peur. Sa sœur jumelle, Luna, semble beaucoup plus forte. Chacun à leur manière, ils vont supporter le deuil, le mal-être de leur mère et la folie meurtrière des adultes, représentée par la présence de cet envahissant Goran, un ancien milicien serbe, au Monténégro.

Où l’on apprend que les échos de la guerre en ex-Yougoslavie sont encore dans les mémoires. Et que la grande histoire rattrape toujours les petites histoires familiales. En bon professionnel de la montagne, Patrice Gain décrit admirablement les paysages abrupts et minéraux. Il a un peu de mal à soutenir le haut niveau d’écriture du début jusqu’au bout, mais cela n’enlève rien à la qualité d’ensemble de ce roman pénétrant, et aussi surprenant qu’angoissant. Un auteur à suivre et un éditeur à découvrir.

Lisez la chronique de Guillaume Chérel en ligne

Guillaume Chérel
La Grande Parade 19 décembre 2019

- Le Sourire du scorpion

Première chronique de l’année et c’est pour vous présenter un très beau roman noir.

Patrice Gain publie son quatrième roman mais c’est le premier que je lis.

Ce qui marque tout d’abord c’est un style et une belle écriture.

L’auteur donne la parole à un adulte qui se rappelle des événements qui ont chamboulé son existence alors qu’il était ado. Ainsi, la construction et la forme n’est pas celle que l’on retrouve dans la plupart des romans avec un ado comme personnage principal. Ici, pas de niaiseries, mais une vraie réflexion sur les différentes manières de surmonter la perte d’un proche et d’autant plus quand on a une vie de nomade qui ne plait pas forcément à tout le monde. Un deuil qui peut entraîner une fragilité et une dépendance facile envers des personnes mal intentionnées.

Au début du roman, de nombreuses références à un roman bien connu surtout dans son adaptation cinématographique, Délivrance de James Dickey (Gallmeister), accrochent le lecteur dans une descente d’un rapide qui va s’avérer mortelle.

Puis vient le temps de la reconstruction pour deux ados dont la mère a bien du mal à s’occuper.

On découvre enfin un contexte historique avec une guerre pas si lointaine en fin de roman qui donne un final qui rattrape la réalité puisqu’une partie est véridique.

C’est réellement une belle découverte que ce roman qui s’assombrit au fil des pages jusqu’à atteindre une noirceur totale.

Lisez cette chronique sur Évadez-mo

LauLo
Évadez-moi 2 janvier 2020

- Le Sourire du scorpion

Tombée amoureuse d’une plume, la suivre, roman après roman et s’émerveiller à chaque fois, c’est un pur bonheur.

Patrice Gain fait partie de ces auteurs incontournables pour l’amoureuse de roman noir que je suis. Une fois de plus il nous offre un récit où ses personnages malmenés par leur destin s’acharnent malgré tout à s’en sortir quoi qu’il leur en coûte.

À travers cette histoire il explore la solitude d’un adolescent liée à la violence du deuil, au cœur d’une nature sauvage, si belle, confronté de plein fouet à la brutalité du monde adulte.

Aussi sombre soit elle, cette histoire s’illumine d’une plume singulière, où la nature est mise en valeur et honorée dans l’éclat sublime de certains passages.

On relit avec plaisir cette écriture poétique sans jamais se lasser bien au contraire.

Alors que vous soyez déjà des lecteurs fidèles de Franck Bouysse ou de Ron Rash, il ne tient qu’à vous de succomber à votre tour au dernier roman de Patrice Gain qui conjugue lui aussi de manière brillante le roman noir nature writing et la poésie.

Pour ma part, il m’a donné une folle envie de me plonger dans Délivrance de James Dickey, à dépoussiérer d’urgence.

Que l’on soit auteur ou lecteur, nous sommes tous des passeurs de livres.

Le Sourire du scorpion est juste magnifique et c’est à découvrir absolument.

Mon premier coup de cœur de l’année 2020.

Retrouvez la chronique en ligne

Christelle Salvan
Dealer de lignes 2 janvier 2020

- Le Sourire du scorpion

Tom et Luna sont jumeaux. En fait, personne ne pourrait le deviner tant ils sont différents. Luna, aérienne, agile, solaire malgré son prénom, aime les défis physiques et s’oppose presque entièrement à Tom, plus introverti, plus solitaire, plus timoré.

Avec leurs parents, ils vivent une vie marginale, vivant dans un grand camping-car retapé, nomades avant tout. Père et mère travaillent ici et là, au petit bonheur la chance, jaloux de leur liberté totale et revendiquant leurs choix, heureux de pouvoir vivre exactement comme ils le souhaitent.

Un héritage a rendu la mère propriétaire d’une petite maison dans la montagne, mais il ne leur paraît pas enviable d’en profiter, ils utilisent donc seulement le terrain pour se poser quelques temps, sans investir les lieux. Tout ceci convient très bien à Luna, mais beaucoup moins à Tom qui n’y trouve pas le plaisir et l’équilibre que les autres partagent. Ils ont quinze ans, et une expérience de la vie tout à fait singulière qui les unit très fortement et les sépare des gens ordinaires.
Une idée de cadeau : la descente en rafting d’un canyon monténégrin pour toute la famille, sous la direction de Goran, leur guide serbe très expérimenté, ami du père, une expédition de plusieurs jours.

Il fait chaud, le parcours est difficile, personne ne connaît ce lieu sauf Goran, et la mère, Mily, semble avoir peur, ce qui ne lui ressemble pas. Les embûches s’accumulent, le canyon est diablement difficile à passer, un raft est endommagé, tous sont fatigués, doivent puiser dans leurs réserves physiques et mentales pour ne pas craquer et aller au bout de leur expédition, ils n’ont pas vraiment le choix, de toute façon, ils ont besoin de Goran pour trouver leur chemin et pour réussir à retrouver leur camion bariolé.

Les dangers sont plus grands qu’ils n’imaginaient et la mère est de plus en plus inquiète, jusqu’à la catastrophe qui ne manque pas d’arriver. Leur père meurt, noyé.

Plus rien ne sera pareil. La mère est écrasée de chagrin, elle ne s’occupe plus de grand-chose, elle a perdu tout goût à la vie. Heureusement que Goran est là pour les aider, ami indéfectible qui prend une place de plus en plus importante dans leur vie. Pour tirer Mily de sa tristesse et de sa prostration, il ne ménage pas ses efforts, il plante des arbres, s’occupe de toutes les tâches matérielles, promet de ne pas les laisser tomber. Leur camion tout en haut de cette montagne, solitaire, loin de toute habitation n’a jamais paru aussi triste et délabré.

Luna et Tom, eux, vont être séparés : elle est envoyée au lycée avec un an d’avance quand lui, élève aux résultats plus faibles, va au collège et se destinera à un apprentissage. Elle ne rentre plus que les week-ends et Tom sent bien qu’elle se fabrique une autre vie, entourée d’amis avec qui elle passe une partie des vacances scolaires, dans laquelle elle apprend à marcher sur un film tendu au-dessus du vide, à faire de l’escalade à mains nues, elle prend tous les risques, avide de sensations, toujours plus lumineuse et plus lointaine.

Petit à petit, les choses se défont, s’abîment irrémédiablement : Mily trouve en Goran un compagnon, elle délaisse ses enfants à son profit. De plus en plus souvent, Tom se trouve seul, sans argent, sans téléphone, sans personne pour veiller sur lui.
Il est à la limite de la déraison, parfois, devant tant de solitude et de délaissement. Tous ceux qui constituaient son univers l’abandonnent. Sa chienne adorée a été tuée et il manque de tout et surtout de quelqu’un à qui parler, en qui avoir confiance.
Il voit, sans rien pouvoir y faire, son monde d’hier laisser la place à une vie d’une solitude et d’une dureté poignantes.

[…]

Le récit est fait par Tom, un tout jeune homme ni très fort ni très charismatique, qui peine à se faire des amis et qui se retrouve abandonné par les siens.
Il est à la fois gentil, doux et résistant, cependant, et il va déployer des trésors de résilience et de force psychologique pour lutter contre l’incarnation du mal qui lui a tout pris.
C’est un vrai parcours initiatique, Tom apprend à vivre absolument seul, à ne compter que sur lui-même, à traverser les épreuves les plus dures sans succomber ni à l’apitoiement ni au découragement. Intègre, courageux, fidèle, maladroit aussi comme on peut l’être à 16 ans, Tom veut sauver les siens sans toujours mesurer les risques encourus, sans toujours deviner ce qui se joue réellement.

Un personnage extrêmement attachant, courageux et dont la destinée tragique ne peut pas laisser indifférent.

La vraie surprise est celle du Scorpion et du rappel de la guerre serbo-croate dont nous ne parlons plus et du sang versé, déteint et délavé dans la grande machine à oubli qu’est l’Union Européenne.

La nature est au cœur du roman, magnifique, exaltante, austère et âpre, elle ravit autant qu’elle tue, maître absolu, sans haine et sans amour : on ne peut que composer avec elle, impossible de lui mentir ou de tricher puisqu’elle est la plus forte.

Lisez la chronique intégrale sur Quatre sans Quatre

Dance Flore
Quatre sans Quatre 2 janvier 2020

- Coup de cœur des libraires

Benoît Albert de la librairie La Géothèque présente son coup de cœur pour Le Sourire du scorpion sur les ondes de France Bleu Loire Océan.

“Une beauté des lieux présente dans l’histoire et dans les territoires.” “Une écriture magnifique.”

Réécouter le coup de cœur de Benoît Albert sur le site de France Bleu

Jean-Jacques Lester
France Bleu Loire Océan 4 janvier 2020

- En passant par le Montenegro…

En passant par le Monténegro…

« Une fois blotti dans un recoin de cette carapace comme un bernard-l’hermite dans un coquillage, j’ai ouvert mon sac et attrapé le livre que j’avais emprunté à la bibliothèque. J’avais été sacrément chanceux de le dénicher dans le coin réservé aux prix littéraires. Un bouquin de 1971 avec en couverture deux bras qui émergent de l’eau en brandissant une arme de chasse et au loin un canoë avec trois types à bord à qui l’on ne prédit pas un avenir radieux. Au-dessus, des lettres bleues criant Délivrance, coiffées du nom de l’auteur, James Dickey »

Patrice Gain fait partie de ces auteurs d’une élégante discrétion dont chaque nouveau roman est devenu une fête pour les lecteurs qui le suivent. Le sourire du scorpion ne fait pas exception à la règle : il s’agit d’*un récit magnifique, sombre, habité par des personnages complexes et par une nature tantôt amie, tantôt adversaire.*

Le narrateur, Tom, est devenu un jeune homme au moment il commence à raconter l’histoire du Scorpion. Mais, à l’instar de Matt, le personnage de Dénali, c’est encore un ado en 2006, au moment où sa vie et celle de sa famille bascule, quelque part au cœur du Monténegro, dans le canyon de la Tara.

Famille de saltimbanques, les parents de Tom et de Luna, sa sœur jumelle, vivent leurs vies en êtres libres et généreux. Vivant dans un camion avec leurs deux ados, travaillant au gré des besoins saisonniers, Mily et Alex font partie de ces doux rêveurs qui traversent la vie en donnant plus qu’en se servant. La descente de la Tara en raft, une idée d’Alex et de leur guide serbe, Goran, ne réjouit pourtant pas Mily, incapable de se départir d’un désagréable sentiment de fatalité.

L’écriture de Patrice Gain, précise dans les détails, sobre, miroir d’encre des paysages qu’il décrit, entraîne le lecteur au cœur d’un drame qui, s’il est prévisible, n’en est pas moins poignant. Et c’est par ce drame que la véritable histoire commence.

[…]

Voilà, tout ça pour dire, nom de nom, si vous ne connaissez pas encore Patrice Gain, bande de veinards, précipitez-vous sur ses livres !

Retrouvez la chronique intégrale en ligne

Monica
Nyctalopes 5 janvier 2020
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