ISBN : 978236054023
14,8 x 21 cm
17.00 €
Rappel des faits : le jeune Antony arrive à New York, la ville qui rend possible l’aventure. Là, il fréquente la scène underground et, la nuit, se métamorphose. Il prend peu à peu son envol pour chanter, de là-haut, la joie intense qu’il éprouve à se transformer, et la disgrâce qui nous menace sur la Terre.
Le texte est suivi par une discographie détaillée, commentée et illustrée.
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| Consulter | BANG BANG | Xavier Ess | PURE FM, 19 juin 2011 |
| Consulter | Orlando Fernandes | MAGIC, été 2011 | |
| Consulter | LE PROF TOULOUSAIN CRAQUE POUR LA STAR POP | YVES GABAY | LA DÉPÊCHE DU MIDI, 16 juillet 2011 |
| Consulter | Agnès LEGLISE | ROCK'N'FOLK, juillet 2011 | |
| Consulter | Jérôme Solal et La Voix d'Antony | rockoh | La Blogothèque, juin2011 |
| Consulter | Les cordes vocales d'Antony Hegarty disséquées dans un livre | Maxence Grugier | Fluctuat, 6 juin 2011 |
Quelques nouveautés bienvenues chez l’excellent éditeur provençal Le Mot et Le Reste. Jérôme Solal consacre un ouvrage concis à Antony Hegarty, chanteur d’Antony & the Johnsons, auteur d’une poignée d’albums envoûtants, sobrement intitulé La Voix d’Antony. Benoît Delaune s’attarde lui, à décrypter l’œuvre du Captain Beefheart and His Magic Band(s), quelques mois après la mort du musicien et peintre, ami de Franck Zappa. Enfin, l’éditeur propose l’intégrale des textes d’un chanteur, l’enthousiasmant Dick Annegarn, agrémentée de quelques très belles photos de cet inlassable baroudeur. Trois beaux ouvrages pour découvrir ou redécouvrir trois artistes inclassables, libres, indispensables...
Pour réécouter l’émission et lire la chronique :
Un jour de 2004, Jérôme Solal entend Antony and the Johnsons. Ce professeur de français toulousain, auteur de quelques ouvrages sur Huysmans (écrivain et critique d’art, 1848–1907), est immédiatement bouleversé par la voix lumineuse d’Antony Hegarty. Six ans plus tard, il publie un livre passionnant et remarquablement écrit : « La voix d’Antony ». Rencontre.
YG : Pourquoi un livre sur « la voix d’Antony » ?
JS : Sur un DVD, j’ai vu Antony chanter, presque a cappella, dans une boîte pour travestis. J’ai cherché toutes sortes d’infos sur ce type à la voix si particulière et lu sur le site du groupe qu’il passait à Bordeaux. J’y suis allé. Après le concert, Antony était là, dans la foule, à vendre ses cassettes… Je lui ai dit : « Je vais écrire un livre sur vous »…
YG : Comment a-t-il réagi ?
JS : Il m’a demandé si j’étais journaliste, où j’habitais etc. Il était très cool… J’ai écrit un long article pour la « blogothèque », qui a rencontré un certain écho. J’ai d’abord envisagé de demander à des écrivains, des musiciens, d’écrire sur lui. Quand le deuxième album est sorti et que j’ai constaté qu’il demeurait encore presque inconnu, j’y ai vu une injustice totale et je me suis lancé…
YG : C’est une biographie aussi rigoureuse que personnelle : l’émotion que sa voix suscite chez vous transpire à chaque phrase…
JS : Antony est un extraterrestre. Sa pratique artistique relève d’une expérience personnelle, délocalisée géographiquement entre Amérique et Angleterre, sexuellement, et qui se découvre au fur et à mesure. Beaucoup de chanteurs lyriques chantent bien sûr mieux que lui, mais sa voix est exceptionnelle car elle dépasse le savoir-faire, la virtuosité. C’est indéniable : lorsqu’Antony chante, il se passe quelque chose.
« La voix d’Antony », par Jérôme Solal, éditions Le mot et le reste. 158 pages, 16€.
Jérôme Solal tente l’analyse libre de cette attraction subtile et le texte, très lyrique voire exalté, prouve par sa seule existence la fascination que suscite l’énigmatique organe du... euh, monsieur ?
C’était La Voix du Nouveau Siècle, et Jérôme Solal l’avait décliné en deux temps : une explication du phénomène naissant puis, quelques semaines plus tard, un complément sur l’album de l’envol, I am a bird now. DJ Barney rencontrait Antony Hegarty quelques années plus tard à l’occasion de la sortie de The Crying Light, et sous-titrait son article La Voix du Nouveau Siècle 3, en souvenir respectueux de celui qui avait su, parmi les premiers, trouver le ton, les mots et le style qui seyaient à l’élégance et à la délicatesse de la musique d’Antony et de ses Johnsons.
“ Le nouveau siècle vient trop tard, et le chant d’Antony répond au jour qui vient, d’avance obscurci. ”
Depuis 2005, Antony Hegarty a sorti deux albums et Jérôme Solal a continué d’écrire. Il a accumulé les notes et impressions, multiplié les louanges et le dévouement à la cause… et en a finalement fait un livre, La Voix d’Antony. C’est un ouvrage singulier, à l’image du sujet, une sorte de démesure discrète. Jérôme Solal se lance d’abord dans quelques chapitres emplis de considérations imagées, presque philosophiques et vaguement suspectes, avant de devenir (un peu) plus factuel et (un peu) plus biographique. Le propos est dithyrambique et évidemment très exagéré pour celui qui n’estime pas Antony à la valeur proposée par l’auteur. Il faudrait voir en lui un génie incontesté, une fulgurance rare, une icône indépassable, une majesté… quand on peut voir également, et au mieux, un artiste talentueux et hors norme.
“ Eprise d’adoption, toujours jaillissante, la voix inspirée d’Antony ne connaît pas son maître. Elle caresse toute oreille consentante et n’obéit à personne. C’est une sainte qui vagabonde, une fière prostituée qui confie ses charmes à quiconque veut bien l’accueillir, c’est-à-dire accepte de perdre ses repères pour se mettre en route avec elle, la suivant sur le trottoir ou filant au ciel. A tous ceux qui l’écoutent comme à ceux qui chantent et à qui il rend visite en témoignage de sa sympathie, Antony insuffle une dose d’harmonieuse intranquillité. ”
Mais Jérôme Solal a un ton professoral particulièrement convaincant. La biographie érudite qu’il présente est certes chronologique et thématique dans sa structure, mais elle ondule sans cesse, rappelle les faits marquants et les jalons, remet en perspective, ouvre vers d’autres horizons (sociaux, intimes, philosophiques) et séduit même si les a priori étaient circonspects. Les images sont poétiques, son vocabulaire riche et l’histoire devient passionnante. Antony en héros de roman, en figure de fiction, sa voix comme centre de l’intrigue…
“ Le miracle de sa voix tient dans ce don constamment renouvelé : à chaque écoute, ou presque, on entre dans le cloaque et l’on en sort tout à fait émacié, à l’envers, plus vivant. ”
La Voix d’Antony est un livre écrit par un fan ultime et pointilleux (la discographie commentée en annexe est impressionnante de précision et d’ampleur). Les fans moins ultimes et pointilleux seront comblés, les moins fans seront respectueux et admiratifs de l’engagement. Et les amateurs de littérature, séduits…
La Voix d’Antony est sorti aux éditions Le Mot et le Reste.
Celui que l’on résume souvent à son prénom, “Antony”, est également connu depuis 2003 pour ses multiples collaborations, songwriting ou backing vocal, avec plus d’une trentaine d’artistes sur de nombreux projets différents, (Lou Reed, Björk, Laurie Anderson, Rufus Wainwright, Cocorosie, Devendra Banhart, Diamanda Galas, David Tibet ou Marc Almond, pour n’en citer que quelques uns). Il est aussi remarqué pour ses apparitions au cinéma (dans Animal Factory de Steve Buscemi, Wild Side ou encore Lou Reed’s Berlin de Julian Schnabel) ou encore pour ses activité au sein de la troupe de théâtre expérimentale des Blacklips. Lui-même artiste visuel et compositeur/réalisateur singulier, terriblement indépendant, hors de toutes modes et hors du temps, Antony a su tout au long de sa vie mettre à profit ses diverses rencontres pour devenir ce qu’il est aujourd’hui : un artiste autre, transgenre (ni féminin, ni masculin), d’ailleurs.
Car la voix d’Antony vient d’ailleurs, c’est certain. Mais d’où ? C’est ce que dévoile avec sensibilité le livre de Jérôme Solal. De sa naissance en 1971 et sa jeunesse dans une modeste petite ville anglaise (Chichester dans le Sussex), en passant par son périple à Amsterdam et Santa Cruz (!), jusqu’à ses débuts à New York – en attendant la révélation et la reconnaissance mondiale d’I Am A Bird Now – Jérôme Solal suit la vie d’Antony, menant son étude à la manière d’une enquête intime, traquant l’origine de cette voix unique, mélange parfaitement réussi de douceur et de douleur.
Il faut dire que Jérôme Solal lui aussi a une voix. Et ce n’est pas le moindre attrait de ce livre magnifiquement écrit, précieux, lettré et hautement recommandé, qui réconciliera même les plus réfractaires à l’art d’Antony Hegarty.
